
L’agence Petitdidierprioux Architectes (Cédric Petitdidier et Vincent Prioux) a livré en décembre 2022 à Villeurbanne (Rhône), pour Altarea Cogedim Grand Lyon maître d’ouvrage, un programme mixte de 147 logements collectifs, bureaux et locaux d’activités (commerces). Surface 14 491 m² SP. Coût 19,5 M€ HT. Communiqué.
Situé au sud-ouest de Villeurbanne ce fragment de quartier remanié est implanté sur un ancien site industriel. Six tours de logements de quatre à neuf étages s’élèvent deux par deux sur un socle commun abritant commerces et bureaux. L’héritage du passé industriel de Villeurbanne offre l’opportunité d’intervenir sur la surface d’un îlot entier, véritable morceau de ville bordé de quatre rues et ne présentant que des limites de propriété en contact direct avec l’espace public. Le coeur d’îlot est très largement dégagé. On y trouve un grand jardin central ainsi qu’une venelle piétonne permettant de traverser l’ensemble du nord au sud.


Tissu urbain hétérogène
Le tissu urbain avoisinant caractéristique du quartier, à la confluence entre le 3ème arrondissement de Lyon et la ville de Villeurbanne, est d’une grande hétérogénéité, marque d’un tissu urbain transitionnel entre les formes traditionnelles de l’îlot urbain lyonnais et le tissu plus mixte et composite de Villeurbanne qui a connu un développement plus récent lié à son histoire industrielle, et qui se traduit aujourd’hui tant dans l’imbrication des fonctions que des formes urbaines.
L’îlot Aynard-Lafontaine dont il est ici question en est un exemple caractéristique. La reconversion de cet îlot, héritage d’un passé industriel s’inscrit en cohérence avec son environnement urbain : mixte, hétérogène et diversifié.

Nouvel îlot, entre mixité et contraste
L’îlot mixte habitat/activité accueille 147 logements collectifs ainsi que des commerces et des bureaux. Les constructions répondent à un principe de mixité verticale constituée par un socle d’activité et de bureaux au rez-de-chaussée et au premier étage surmonté par des immeubles de logements. L’organisation spatiale de l’îlot et de ses constructions s’appuie sur plusieurs axes forts :
– adapter la desserte et l’aménagement aux différentes fonctions urbaines ;
– ancrer une mixité verticale activité/logement au cœur du projet urbain et architectural ;
– rechercher un aménagement paysager de qualité en renforçant la présence de la nature en ville.
Pour guider la composition urbaine un découpage en cinq lanières transversales a permis de casser les linéaires bâtis sur rue dans la grande longueur de l’îlot, tandis que trois lanières longitudinales sont formées perpendiculairement. Le centre de l’îlot a été évidé pour créer un cœur d’îlot et un grand jardin central. Une venelle plantée traverse l’îlot du nord au sud. Ce cheminement, planté d’arbres de beau développement, fait ainsi écho au patrimoine végétal existant, des alignements de platanes remarquables présents sur les rues adjacentes.


L’ensemble bâti – majoritairement composé de logements – est réparti en six plots aux hauteurs contrastées allant de 4 à 9 étages, implantés le long des quatre rues dans une alternance de vides et de pleins dictés par la trame en lanière précédemment établie.
Ces plots sont reliés entre eux par des volumes bâtis plus bas compris entre un et trois étages. Les plots de logements sont ainsi répartis en trois volumes hauts et trois volumes bas. Dans un jeu de quinconce par rapport aux plots bas, les volumes hauts s’implantent en retrait par rapport aux rues, permettant de multiplier les orientations et de dégager des vues pour les logements en minimisant les vis-à-vis entre les plots. Ce dispositif permet également d’augmenter les distances avec les immeubles qui jouxtent l’îlot.
Les bâtiments hauts opèrent également des retraits plus légers côté rues afin de dégager les houppiers des alignements de platanes. Ces jeux de rythmes et d’épannelage, jeux de retraits, variations des hauteurs bâties permettent de dessiner des silhouettes et des ambiances de rue contrastées.
Les rapports d’échelle entre bâtiments bas et haut dynamisent le jeu volumétrique et favorisent la création d’échappées visuelles plus importantes pour les logements. Du fait de leur forme et leur implantation, les bâtiments développent des logements qualitatifs tant par leurs orientations que leurs typologies. La configuration des bâtiments en plots assure des orientations doubles ou triples aux angles tandis que les volumes bas reliant les plots offrent des logements traversant aux dispositifs spatiaux qualitatifs ; beaucoup de lumière naturelle, ventilation efficace des logements et vues sur l’extérieur différenciées.
L’ensemble des plans des appartements a été conçu avec pour objectif de privilégier une surface généreuse des pièces à vivre, largement ouvertes sur l’extérieur par de grandes baies prolongées par des terrasses, des loggias ou des balcons.


Unité dans les matériaux et les couleurs
Une unité à l’échelle de l’îlot est recherchée. L’ambiance générale de la proposition repose sur l’utilisation de matériaux bruts, naturels et de qualité en cohérence avec l’environnement et assurant la pérennité du projet. Afin de mettre en valeur les éléments paysagers déjà présents sur le site et les éléments créés (platanes remarquables, venelle et cœur d’îlot), les bâtiments sont traités dans des écritures à dominante minérale.
En accord avec ce principe deux écritures architecturales prédominent, un béton lisse recouvert d’une peinture minérale de couleur gris-brun foncé pour le socle et les plots bas et une peinture minérale de teinte claire pour les plots hauts et les volumes en retrait.
Crédits photo © Sergio Grazia © Wearecontents