
À Paris (XIIIe), pour Covea Immobilier maître d’ouvrage, Arte Charpentier a livré en 2025 la réhabilitation et restructuration de l’ensemble immobilier tertiaire Sequana. Surface : 21 000 m². Montant des travaux : 49 M€. Communiqué.
Le contexte
Situé en bord de Seine à l’angle de la rue Neuve Tolbiac et du quai Panhard et Levassor, Sequana* est un immeuble de bureaux, composé de deux bâtiments distincts – Sequana 1 et 2 – de 8 étages, sur deux niveaux d’infrastructure, totalisant une surface de près de 21 000 m², dont environ 19 000 m² de bureaux.
Conçu à la fin des années 1990 par Arte Charpentier et l’architecte américain Robert Lewis Turner (1947-2014) pour le compte de Capital et Continental, l’ensemble immobilier a été achevé en 2003, puis acquis par Covéa Immobilier en 2012. N’ayant pas connu de transformation depuis sa construction, l’immeuble a fait l’objet d’une réhabilitation répondant aux évolutions du quartier de la ZAC Paris Rive Gauche et aux nouvelles exigences environnementales, notamment celles du Décret Tertiaire.
Sequana est facilement accessible en transports en commun et à vélo, grâce à la piste cyclable double sens du quai Panhard et Levassor. Le plan directeur de la ZAC a prévu une certaine mixité urbaine : logements, bureaux, équipements et activités se côtoient. Aussi, l’ensemble est voisin de logements, d’ateliers d’artistes (les Frigos), du campus universitaire de Paris Diderot, et à proximité de la Bibliothèque François Mitterrand.
* Sequana est une déesse gauloise associée au fleuve de la Seine et à un culte guérisseur lié à l’eau.


Le concept architectural
L’ambition du projet de rénovation de Sequana était de fusionner l’identité d’origine du bâtiment avec les besoins contemporains : réconcilier l’ensemble immobilier à la ville, donner une place aux vélos et mobilités douces, repenser et végétaliser tous les espaces extérieurs.
Les objectifs visaient à abolir les frontières entre intérieur et extérieur pour maximiser la lumière naturelle, rationaliser les surfaces pour plus d’efficacité, et intégrer une démarche de réemploi dès la conception. Il fallait donc travailler l’image de cet ensemble immobilier pour le repositionner, mais aussi le rendre plus efficace en termes de surface et d’économies d’énergie.
Arte Charpentier a alors proposé de rationaliser les surfaces allouées aux parties communes des deux bâtiments et de créer une entrée unique en rez-de-jardin. L’ensemble existant, connecté par un socle et un patio ouvert éclairant le rez-de-jardin, est revu en profondeur. L’idée de créer un accès unique au niveau du rez-de-jardin, était la solution ayant le plus faible impact environnemental, puisqu’elle ne comportait pas de construction supplémentaire : une allée centrale est creusée en rez-de-jardin, ce dernier est relié au rez-de-chaussée au moyen de gradins paysagers.
Le rez-de-jardin devient alors un nouvel espace d’échanges, de rencontres, et de passage, permettant de connecter le quai Panhard Levassor avec la rue des Frigos.


Le projet de réhabilitation
À la fin des années 1990, Capital et Continental souhaitaient des plateaux de bureaux entièrement dégagés, sans structure apparente, concentrant les éléments techniques dans une seule zone. Ce choix a permis d’obtenir un bâtiment de grande qualité, bien que cela ait imposé certaines contraintes lors de la réhabilitation : espace réduit dans les locaux techniques des étages dans lesquels il a fallu intégrer un nouveau système de CVC et grande hauteur sous plafond à préserver.
L’ensemble Sequana est constitué d’une structure en béton et acier (pour le contreventement) qui diminue de taille progressivement, à partir du rez-de-chaussée et jusqu’au huitième étage. Avec ses larges baies vitrées, ses trames de bureaux plus larges que la moyenne (1,5 m contre 1,35 m) et une belle hauteur sous plafond, cet ensemble était bien réalisé.
Le projet de restructuration de Sequana fut pour Arte Charpentier l’occasion de redécouvrir et révéler le très grand potentiel de ce site. Trois grandes idées ont guidé cette réhabilitation :
– révéler les différentes possibilités du socle de l’immeuble en créant une percée centrale plantée. Ce qui permet à la fois l’intégration du végétal et l’intégration à la ville. En concentrant les espaces communs au rez-de-jardin, ce dernier devient le cœur du projet ;
– rendre accessibles et vivants les différents espaces extérieurs. Au rez-de-jardin, au rez-de-chaussée, ainsi qu’aux 4e, 6e, 8e étages et en toiture, le projet multiplie les espaces extérieurs de travail et de convivialité, offrant de superbes vues sur la Seine et Paris ;
– améliorer et optimiser les espaces de travail et les parties communes : plateaux ouverts, lumineux et pratiques, au même titre que les paliers et les sanitaires.


Hall et espaces de travail collaboratifs
Pour répondre à la demande de Covea Immobilier de rationaliser les parties communes des bâtiments, au rez-de-chaussée, les halls de Sequana 1 et 2 sont transformés respectivement en hall avec un escalier monumental, faisant également fonction de gradins, qui relie le rez-de-chaussée et les espaces de coworking au 1er étage, et en salles de réunion, avec un plancher haut créé sur le hall réaménagé du Sequana 2.
Au rez-de-jardin, une large zone d’espace de travail collaboratif se déploie autour du patio, comme une onde, unifiant les espaces intérieurs et extérieurs. Elle offre un cœur de vie et de rencontre à l’échelle des deux bâtiments : un endroit où travailler, retrouver ses collègues, ou bien recevoir des visiteurs extérieurs. On y joue avec des claustras pour créer des espaces plus intimes et des filtres entre les fonctions, sans bloquer la vision sur l’ensemble et la lumière naturelle.
Accueillant et vivant, le hall du rez-de-jardin est le lieu de tous les échanges, le cœur du site.
L’unité du lieu découle de l’harmonie entre les matériaux, soigneusement sélectionnés dans une démarche écoresponsable et de réemploi, qui souligne un engagement croissant envers une conception architecturale plus vertueuse.
Offre de restauration et commerces
Au rez-de-jardin se trouve un espace de restauration polymorphe ouvert, qui propose des offres variées, avec des kiosques chauds et froids, un bar à salades, un accueil café/bar. Tous ces espaces bénéficient d’apports en lumière naturelle et de vues sur la végétation, grâce à la façade vitrée toute hauteur sur les gradins. Leur usage ne se limite pas à la restauration, en dehors des heures de repas, ils servent d’espaces de travail et de réunion informels.
En complément de ce niveau, à rez-de-chaussée, un espace take-away est créé. Ouvert sur l’extérieur, les consommateurs peuvent s’installer pour déjeuner au milieu des aménagements paysagers, dans les gradins, et dans le patio à rez-de-jardin. Enfin, sur la toiture-terrasse du Sequana 1, rendue accessible, un comptoir de restauration légère, type bar, a été créé.
Des coques commerciales (restauration et fitness) supplémentaires ont été créées au rez-de-chaussée, en changeant l’affectation des surfaces de bureaux existantes (rajoutées ailleurs dans les étages). Ces coques sont des établissements recevant du public indépendants, accessibles depuis la rue uniquement.

Les bureaux
Le réaménagement intérieur de Sequana s’appuie sur ses qualités intrinsèques : des larges baies vitrées, des trames de bureaux plus larges que la moyenne (1,50 mètre contre 1,35), une belle hauteur sous plafond (2,85 mètres) et une flexibilité sans contraintes de poteaux.
Le bâtiment est pensé pour accueillir plusieurs utilisateurs, de la petite entreprise à la grande société, offrant une parfaite flexibilité d’aménagement : les plateaux sont livrés en blanc, des mesures conservatoires sont prévues pour la mise en place de salles de réunion. Chaque plateau est divisé en deux compartiments, séparés par une cloison coupe-feu vitrée.
Vitrés sur toute la hauteur, les plateaux sont dégagés, lumineux et aériens, ils accueillent des espaces de travail, en open space ou cloisonnable, et offrent des surfaces comprises entre 1 000 et 1 400 m2.
Pour le désenfumage, des DAS (Dispositif Actionné de Sécurité) sont installés sur les ouvrants existants, sans modifier la façade.
Les portes des plateaux ont été remplacées par des portes vitrées, pour offrir aux paliers et aux escaliers existants de la lumière naturelle en second jour.
Les façades et les occultations
Dans le cadre de l’amélioration du confort thermique et pour atteindre les objectifs d’économie d’énergie du Décret tertiaire, il a été nécessaire d’intervenir sur les façades sans toutefois les remplacer.
Côté sud, les températures estivales pouvaient devenir élevées, du fait des façades largement vitrées, ainsi, des stores extérieurs en toile ont été ajoutés sur les façades en VEC (vitrage extérieur collé) pour limiter les apports thermiques en été.
Le choix d’intégrer des filtres solaires sur certaines parties de façades plutôt que de les remplacer par un vitrage plus performant, a permis de conserver l’enveloppe existante et d’être le plus vertueux possible.
Les coffres métalliques cylindriques abritant les stores s’accrochent à la façade entre les panneaux de verre du mur-rideau existant, au niveau du nez de dalle, permettant une intégration discrète de ces éléments.
Les toiles qui coulissent sur des tiges métalliques sont de colorimétrie sombre s’approchant de la teinte du vitrage. Le tout s’intègre dans un ensemble léger qui ne dénature pas l’image initiale du projet.
Lorsqu’ils sont déployés, ces stores extérieurs réduisent les réflexions de la façade, et préservent par la même occasion les oiseaux de potentielles collisions.


Les gradins
L’ambition du projet est de le réconcilier avec la ville en créant un accès unique affirmé, en redonnant une place aux vélos et mobilités douces, tout en repensant et végétalisant tous les espaces extérieurs donnant sur la ville.
Des gradins végétalisés reliant le rez-de-chaussée et le rez-de-jardin permettront un cheminement doux via des emmarchements, et offriront des assises et espaces de travail extérieurs. Ils sont végétalisés et arborés, pour maximiser la présence du végétal sans réduire l’espace minéral d’usage des gradins.
Au rez-de-chaussée, le bosquet dans le prolongement des gradins crée une continuité végétale entre les deux bâtiments, jusqu’à l’espace public.