
À Sangalkam (Sénégal), l’Institut de Sangalkam (maître d’ouvrage), est un campus éducatif d’intérêt général livré en 2026 par l’architecte sénégalaise, Fatiya Diene Mazza (ID+EA Architecture – Innovative Design Engineered Architecture) pour favoriser un accès plus équitable à une éducation de qualité. Budget et surfaces non précisés. Communiqué.
Pensé comme un vivier de savoir autonome pour les générations futures, le projet propose un nouveau modèle d’apprentissage au Sénégal, où l’architecture, le paysage, l’agriculture, l’écologie et la pédagogie fonctionnent comme un système intégré et continu.
Situé sur un terrain de 4 hectares à Sangalkam, près de Dakar, le campus regroupe les bureaux de l’administration et du corps enseignant, des espaces de formation des enseignants, des pôles pédagogiques, des salles de classe, des laboratoires, une salle informatique, une serre agricole, des espaces d’apprentissage créatif, un auditorium, une bibliothèque, une infirmerie, un réfectoire, des dortoirs pour les élèves, des installations sportives ainsi que de vastes espaces extérieurs propices à l’apprentissage. Plutôt que de traiter ces fonctions comme des bâtiments isolés, le projet les organise en un campus perméable, ponctué de circulations ombragées, de cours, de jardins, d’agoras et d’espaces productifs. Il en résulte un environnement d’apprentissage à l’échelle de l’enfant, où le mouvement, l’observation et l’expérimentation font partie intégrante du quotidien éducatif.



L’une des ambitions majeures du projet est d’effacer la frontière traditionnelle entre l’apprentissage en intérieur et en extérieur. Les salles de classe se prolongent vers l’extérieur, s’ouvrant sur des galeries ombragées, des cours, des aires de jeux et des jardins. Les cours peuvent débuter à l’intérieur et se poursuivre au-dehors, où le paysage se transforme en salle de classe à ciel ouvert et en laboratoire vivant. Cette approche s’inspire des principes Montessori, notamment l’autonomie, l’apprentissage sensoriel, la concentration et l’apprentissage par l’action.
La stratégie paysagère joue un rôle déterminant dans le projet. Elle n’est pas conçue comme une simple couche décorative, mais comme un cadre pédagogique actif. Le campus comprend des jardins thématiques, des aires de jeux sensorielles, des espaces de rassemblement en plein air, des agoras, un verger pédagogique, des jardins cultivés et des zones écologiques préservées. Ces espaces favorisent l’apprentissage des langues, de la géographie, des sciences et de l’agriculture, tout en soutenant les arts du spectacle, l’activité physique et les échanges collectifs. L’Agora du Savoir sert de lieu central pour la discussion, le récit et les représentations, tandis que des espaces extérieurs plus restreints offrent des cadres intimes propices à l’exploration et à l’apprentissage en groupe.



L’autonomie est au cœur du modèle du campus. L’eau provient de puits situés sur le site et des systèmes de récupération des eaux de pluie assurent l’irrigation. Des ombrières solaires contribuent à la stratégie énergétique du campus, tandis que les cultures sont plantées, entretenues et étudiées sur place. Ces dispositifs sont délibérément visibles et intégrés à l’expérience éducative, permettant aux enfants de percevoir l’eau, l’alimentation, l’énergie et la biodiversité comme des ressources communes. Les jardins productifs et les espaces de culture sous serre deviennent des lieux où les enfants se familiarisent avec le sol, les cycles saisonniers, la production alimentaire et la responsabilité environnementale.
Sur le plan de la matérialité, le projet s’articule autour de blocs de terre comprimée stabilisée (BTCS), un système de construction contemporain en terre ancré dans les cultures constructives locales. À Sangalkam, la terre n’est pas utilisée comme une simple référence nostalgique, mais comme un matériau architectural adapté au climat, capable d’apporter chaleur, texture, intelligence thermique et continuité culturelle. Les teintes terre cuite des murs en BTCS relient le campus au sol et au paysage environnant, tandis que des volumes minéraux plus clairs, des éléments d’ombrage métalliques et de larges débords de toiture composent un langage architectural robuste et adapté au climat.
Les espaces intérieurs prolongent cette démarche pédagogique et matérielle. Inspirées de la pédagogie Montessori, les salles de classe privilégient la lumière naturelle, le mobilier bas, les matériaux tactiles et les aménagements flexibles pour favoriser l’autonomie et la concentration. De larges ouvertures maintiennent un lien visuel constant avec les cours, les jardins et les aires de jeux extérieures, renforçant l’idée que l’apprentissage ne se limite jamais à la salle de classe.


Vu du ciel, le campus se perçoit comme un véritable territoire d’apprentissage. Bâtiments d’enseignement, terrains de sport, jardins, espaces de rassemblement ombragés et paysages productifs s’entremêlent pour former un tout cohérent. L’Institut de Sangalkam propose une architecture bienveillante : elle protège les enfants sans les isoler, soutient l’ambition sans rigidité et transforme l’école en un milieu de vie où le savoir se cultive aussi bien par l’étude que par l’expérience.