
À Mulhouse (Haut-Rhin), pour la Collectivité Européenne d’Alsace maître d’ouvrage, la démolition-reconstruction du collège François Villon conçue par Oslo Architectes déploie une démarche de réemploi et de valorisation des déchets. Surface : 6 800 m². Coût : 19,1 M€ HT. Livraison prévue : fin 2026. Communiqué.
Construit dans les années 1980 dans un tissu urbain dense, à la lisière des anciennes usines DMC, le projet de déconstruction reconstruction du Collège François Villon se traduit par une composition architecturale dynamique, fonctionnelle, ancrée dans son contexte patrimonial. L’ensemble d’une surface de 6 800 m² (ainsi que 1 000 m² d’ateliers SEGPA) pensé comme un lieu d’usage autant que d’apprentissage, déploie des espaces ouverts, lisibles et accueillants, où la lumière façonne les formes et où le paysage, vivant et pédagogique, prolonge les usages scolaires.
À la croisée de la mémoire industrielle et de modernité, la démarche d’OSLO est de concilier une architecture sobre – aux volumes articulés entre rigueur compacte et déploiement modulaire à échelle humaine – à un langage matériel noble (brique, béton, aluminium) en dialogue avec l’environnement industriel. La volonté majeure était donc d’inscrire le projet dans une ambition de transformation raisonnée.

Un des objectifs s’est axé sur la valorisation des déchets issus de la déconstruction. À cette fin, un marché prototype a été mis en place visant à déconstruire une partie du bâtiment afin d’expérimenter la réutilisation des panneaux béton des façades. L’idée était de les récupérer, les poser à plat et constituer le revêtement de la cour. Le prototype a démontré l’impossibilité de cette forme de réemploi, les panneaux étant tous amiantés.
Par conséquent, plutôt que de transporter les déchets vers un site extérieur, les gravats de béton ont été désamiantés, triés et concassés sur place, puis réutilisés comme couches de fondation pour les nouveaux bâtiments. Cette démarche a permis de limiter l’empreinte carbone liée au transport tout en assurant un traitement local et maîtrisé de l’ensemble des déchets de déconstruction du collège.

Les travaux de concassage ont été réalisés durant les congés d’été afin de limiter les nuisances sonores, vibratoires et poussiéreuses pour les élèves. Au total, la déconstruction a généré 2 000 m³ de gravats de béton, soit environ 3 800 tonnes, répartis sur le site sous forme d’une couche de 50 cm d’épaisseur.
Ce procédé, facilement transposable à tout projet de démolition-reconstruction de bâtiment, valorise in situ les matériaux issus de la démolition, tout en réduisant significativement la consommation de ressources naturelles et les émissions liées au transport.