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Accueil > Chroniques > Chroniqueurs > Chroniques de Stéphane Védrenne > Les mathématiques de la soutenabilité architecturale sont aveugles

Les mathématiques de la soutenabilité architecturale sont aveugles

23 novembre 2021

Mathématiques

Dès janvier 2021, tous les nouveaux logements doivent être conçus conformément à la RE 2020, nouveau dada des ingénieurs en mal de tableau Excel. Depuis quelques années maintenant l’architecture n’est plus vue que sous l’angle de la vertu : le bâtiment doit être écologique, construit avec des matériaux biosourcés, frugal, économe en énergie et parfaitement orienté par rapport au soleil. Tout cela bien sûr de façon ‘low-tech’ et, pour la maîtrise d’ouvrage, ‘low-cost’ !

Les réseaux sociaux regorgent de ‘posts’ d’agences mettant en avant leur dernière production, toujours sous le prisme de ses qualités environnementales, et tous les labels obtenus pour l’excellence vertueuse de cette production.

Pour être retenu à remettre une offre ou sur l’un des rares concours encore lancés, les agences doivent justifier, plus que tout autre critère, de références répondant aux dernières exigences environnementales. L’important est d’avoir construit en terre crue, en chanvre ou en bouse séchée et que le bilan carbone affiché de l’opération soit excellent…

L’architecture dans tout ça ? Est-ce vraiment ainsi qu’il faille envisager l’avenir de notre société ?

N’y a-t-il réellement que les valeurs rentrant en équation dans un tableau Excel pour qualifier la construction d’un bâtiment ?

« Voici notre dernier bâtiment, ces logements sont banals, insipides à vivre… mais les baies sont orientées exactement comme il se doit pour obtenir exactement les apports solaires nécessaires pour ne pas avoir à chauffer l’habitat le jour du solstice d’hiver à 12h… s’il n’y a pas de nuage ! »

Est-ce vraiment cela qu’il nous faut léguer aux générations futures : des environnements aseptisés uniformisés déprimants… mais bas carbone ?

J’étais interpellé l’autre jour par le ‘post’ d’un ingénieur à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique et du calcul de bilan carbone, qui s’alarmait sur le fait qu’à deux mois de l’application de la RE 2020, beaucoup de bureaux d’études s’étaient formés à cette nouvelle norme mais que les architectes… eux, « ils ne seront pas prêts » !

Il est certain que la plupart des agences d’architectures n’ont pas passé autant de temps en formation que les BET, elles n’en ont pas les moyens temporels et privilégient le temps passé sur les projets qui leur sont confiés. Surtout, elles n’en ont pas le besoin, parce que les architectes, à la formule par cœur des ingénieurs, ont pour eux leur créativité.

Si les BET avaient aussi gardé une part de créativité, leurs ingénieurs auraient sûrement moins besoin de passer du temps en formation, surtout si c’est pour se faire endoctriner aux nouvelles tendances des industriels.

Au fil des trois dernières réglementations thermiques, nous sommes passés du tout électrique au tout gaz, en passant par le tout bois, et maintenant retour au tout électrique avec le retour en grâce du nucléaire. Tout cela n’a pas grand-chose à voir avec l’architecture et n’est que tambouilles prémâchées pour ingénieurs en manque de créativité, qui appliquent à la lettre les doctrines d’un CSTB gavé aux subsides des industriels.

La preuve en est que pour avoir essayé à de nombreuses reprises de proposer des systèmes passifs, sans machineries, puits canadiens, murs trombe ou autre… à chaque fois l’architecte se heurte à une incapacité des ingénieurs à mettre en œuvre ces procédés puisqu’ils ne rentrent pas dans les matrices de calcul du CSTB. Et pour cause, ils ne nécessitent aucune machinerie industrielle ! Or, à chaque fois, les BET se tournent vers des procédés maîtrisés parce qu’issus d’un industriel qui leur garantit les valeurs à mettre dans le tableau Excel de certification.

Quel architecte ne s’est pas vu proposer par un BET d’isoler l’acrotère pour « contrebalancer » l’absence de rupteurs thermiques sur les balcons ? Qu’importe le fait que cela consomme plus de matières premières, que l’on isole un élément sans intérêt pour le confort des usagers… la matrice Excel valide cependant le procédé, l’ingénieur est content, il a fait son travail ! Et comme les mathématiques ne mentent pas, on doit sûrement être en plein développement durable ! Faut-il vraiment abandonner toute raison sur l’autel de l’écologisme ? 

Un petit retour en arrière permet de réaliser que depuis l’avènement de cette litanie de réglementations thermiques au milieu des années ’70, la France n’a eu de cesse de produire des bâtiments à l’obsolescence programmée… de plus en plus courte ! Qui plus est, ces bâtiments permettent de moins en moins d’évolutivité : reconvertir un bâtiment du XIXe siècle ou des années ‘50 est faisable ; pour un bâtiment des années 80 ou 2000, il est souvent moins onéreux de procéder à sa démolition… Tout cela interroge quand même sur la pertinence de la vertu écologique prônée par l’ingénierie française !

Lorsque j’étudiais le génie civil dans les années ‘90, nos enseignants nous apprenaient que l’on construisait un bâtiment pour 50 ans, aujourd’hui les bâtiments doivent être rénovés au bout de dix ans !

Il serait peut-être temps de tirer un bilan, de faire un retour d’expérience sur ces années de réglementation thermique : quel est le réel impact de tous ces bâtiments prétendument vertueux mais à la durée de vie limitée ?

Depuis quinze ans que les BET vendent de la chaudière gaz individuelle comme la panacée pour le logement collectif, pas un seul BET écolo, HQE, bas carbone, ne s’est interrogé sur la provenance du gaz ? Et les ingénieurs et le CSTB qui ont étalé ces chaudières gaz à tour de bras, assument-ils la précarisation qu’ils imposent aux ménages avec la hausse des prix de l’énergie ? De fait, leur revirement idéologique ne laisse pas d’étonner parce que, finalement, le gaz reste une énergie fossile… Quelle découverte ! Messieurs les « bas carbone addicts » n’avez-vous pas un peu l’impression de n’être que des pantins à la solde de quelques lobbys industriels ?

Il est grand temps d’en finir avec cette vision comptable du bâtiment, cette absurdité d’un prétendu bilan carbone forcément partiel et partial, l’architecture doit reprendre la main, nous devons, nous architectes, retrouver le droit de créer des lieux, des espaces, des ambiances, mettre les corps dans des postures confortables mais aussi inconfortables pour transmettre des émotions ! Oui les cathédrales sont des hérésies thermique et phonique mais elles émeuvent, le Grand Palais est un gouffre énergétique mais quel volume ! L’étourdissement ressenti sous cette verrière n’a pas de prix écologique.

Et que dire de la Bourse du commerce avec sa coupole aujourd’hui inimaginable à concevoir sur le plan écologique et pour autant, plus d’un siècle plus tard, magnifiquement réinterprétée par Tadao Ando…

Les logements ne sont pas en reste, lorsque quiconque a la chance de vivre dans un logement avec une belle hauteur sous plafond, lumineux, spacieux, il se contrefiche d’avoir une régulation thermique hiver/été imparfaite et d’aucuns s’accommodent sûrement bien mieux de quelques jours de surchauffe l’été que de ne pas avoir de vraie cuisine – toute l’année ! – dans un appartement E+ C- dernier cri et pourtant déjà « has been ».  Un appartement avec une grande verrière mono-orientée plein nord peut être bien plus agréable à vivre qu’un appartement traversant parfaitement orienté.

Toutes ces doctrines prétendument écologiques n’ont en réalité qu’un travers, celui de rechercher à tout prix d’abstraire l’homme de la nature et des aléas climatiques. Il faut créer des bâtiments parfaitement régulés hiver comme été, idéalement orientés par rapport au soleil, jamais une surchauffe, un air parfaitement filtré, aseptisé, aucun éblouissement ni ombre trop forte… et pas trop transparent, (si, si, c’est vrai ! Pour que les petits oiseaux ne se prennent pas une vitre ! label biodivercity) une sorte de vie moyenne, médiocre mais écologique. Une vie idéale… de laboratoire, qui ne tient compte ni de la diversité des situations géographiques, urbaines, et encore moins de la diversité d’appréciation du confort en fonction de l’origine des utilisateurs et leurs expériences personnelles.

Si l’objectif est de faire vivre tout le monde dans des appartements de 2,4m de hauteur sous plafond, pour y manger des graines en buvant de l’eau du robinet, il va falloir évaluer le bilan carbone des chaînes de production d’antidépresseurs pour l’intégrer au bilan des logements produits … Car, si les mathématiques ne mentent pas, elles n’en demeurent pas moins aveugles et froides. Cela pose la question de la soutenabilité de la vie : à quoi bon vivre dans un environnement qui ne transmet aucune émotion, parfaitement optimisé sur le respect comptable de l’environnement, mais nécessitant que chaque utilisateur se conforme à son usage, quitte à vivre dans une forme d’inconfort ? Doit-on tout sacrifier sur l’autel d’un respect environnemental court-termiste, alors que l’acte de bâtir est par essence un acte à long terme.

Il serait temps que l’Ordre des Architectes se mobilise pour mettre fin à cette vision strictement comptable de la production architecturale pour remettre sur le devant du débat, la nécessité de créer une multitude de situations bâties, de prendre en compte la diversité des situations, des attentes, des besoins, l’environnement proche et les finesses du climat local, mais surtout la nécessaire prise en compte de la sensibilité créatrice de l’architecte, seul gage d’originalité et de soutenabilité…

Stéphane Védrenne
Architecte – Urbaniste
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Par Stéphane Védrenne Rubrique(s) : Chroniques de Stéphane Védrenne

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