
Initié par le Département de l’Isère, en partenariat avec l’interprofession de la filière bois FIBOIS Isère et le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de l’Isère, le Prix départemental de la Construction Bois fait depuis 26 ans la promotion de la construction bois en Isère. Découverte des cinq lauréats et deux mentions.
Halle couverte de Villette-d’Anthon (Isère)
Catégorie « Aménagement »
Surface : 360 m²
Maître d’ouvrage : Commune de Villette-d’Anthon
Architecte : Philippe Leplaideur (38)

Soucieuse de créer un équipement durable au service de la vie locale, la commune de Villette-d’Anthon a opté pour une architecture traditionnelle, afin de s’intégrer harmonieusement à son environnement. Dans cet esprit, l’architecte Philippe Leplaideur et son équipe ont conçu cette halle en privilégiant des matériaux bruts et nobles. La charpente, en chêne massif français, repose sur des pierres de taille, tandis que la couverture est en zinc à joint debout. Conçue sans poteaux centraux pour faciliter les circulations, la structure est en outre protégée par de larges débords. Le projet s’inscrit dans l’objectif de maîtriser les impacts du bâtiment et de créer un lieu qui amène un confort d’utilisation à ses usagers. Cet équipement bien conçu a su séduire le jury.
École Anne Sylvestre, à Saint-Just-de-Claix (Isère)
Catégorie « Communes de moins de 2 000 habitants »
Surface : 569 m²
Maître d’ouvrage : Commune Saint-Just-de-Claix
Architecte : Apoïdéa Architecture (38)

Le jury a souhaité distinguer cette école construite à proximité du cœur du village et qui accueille une soixantaine d’enfants. Le bâtiment s’inscrit dans une démarche environnementale à la fois durable et maîtrisée, tout en respectant les contraintes budgétaires. Apoïdéa Architecture a conçu l’école comme une enceinte protectrice composée de quatre volumes organisés autour de la cour, s’intégrant harmonieusement aux bâtiments environnants. La structure, mêlant murs en béton, ossature et charpente en bois, utilise quasi exclusivement du bois issu de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les bardages extérieurs, quant à eux, ont été pensés pour garantir un vieillissement naturel et durable.
École du Manival à Saint-Nazaire-les-Eymes (Isère)
Catégorie « Equipements publics »
Surface : 1 473 m²
Maître d’ouvrage : Commune de Saint-Nazaire-les-Eymes
Architecte : GTB Architectes (38)

Le jury a été particulièrement sensible à cette rénovation énergétique complète de l’école du Manival réalisée par la commune. Son maître d’œuvre GTB architectes a mené une transformation mesurée de l’existant en conservant les éléments déjà performants et en améliorant durablement le reste. Ainsi, les bâtiments existants, constitués de volumes simples accolés, et couverts de toitures à deux pans, ont reçu une isolation par l’extérieur et une réfection thermique des couvertures. Le bois a été choisi pour les extensions comme solution constructive légère et adaptable. Les 156 m3 de bois employés dans ce projet sont surtout issus des forêts d’Auvergne Rhône-Alpes.
Tero Loko à Notre-Dame-de-l’Osier (Isère)
Catégorie « Tertiaire et/ou maître d’ouvrage privé »
Surface : 232 m²
Maître d’ouvrage : Tero Loko
Architecte : Atelier de la Place (38)

Cette construction a particulièrement séduit le jury. Tero Loko œuvre pour la réinsertion sociale par le travail agricole de personnes réfugiées. Pour conforter son activité, l’association a construit un bâtiment fonctionnel pour le maraîchage et la boulangerie, lieu d’accueil et de convivialité pour ses usagers. Situé à proximité d’un édifice religieux historique, le bâtiment a fait l’objet d’une intégration paysagère particulièrement soignée. L’architecte Atelier de la Place a dessiné ce projet en alliant ses fonctionnalités aux exigences énergétiques dans une architecture bioclimatique. Le four à pain, au centre du bâtiment, assure le confort thermique d’hiver ; l’isolation des combles libère un espace de stockage et de séchage à ventilation naturelle améliorant le confort d’été. La structure est construite en bois du Vercors et les bardages en mélèze des Hautes-Alpes.
Maison en auto-construction bois paille à Revel (Isère)
Catégorie « Logements »
Surface : 91 m²
Maître d’ouvrage : Particulier
Maître d’œuvre : Gasnier-Eco (38)

Le jury a souhaité saluer la construction de cette maison individuelle bioclimatique de 90 m² située en moyenne montagne, presque entièrement auto-construite par son propriétaire, sans engin de levage. Conçue par l’architecte Gasnier–Eco, elle met en œuvre une structure en ossature bois. Le propriétaire a bénéficié de l’accompagnement du formateur pro paille de l’entreprise Arbre etc. pour l’isolation paille. Un mur intérieur en briques de terre crue compressée, fabriquées par un atelier solidaire de réinsertion en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, renforce son inertie. Certaines portes proviennent de planches réemployées de l’ancienne grange du site, tandis que le bois de structure vient principalement d’Auvergne-Rhône-Alpes et le bardage en mélèze des Hautes-Alpes.
Usine Eur’Ohm à Tullins (Isère)
Mention « Industrie exemplaire »
Surface : 4 264 m²
Maître d’ouvrage : Eur’Ohm
Architecte : Atelier 17c (38)
À travers cette mention, le jury a tenu à mettre en lumière le défi technique de construire en bois malgré des contraintes géotechniques et de sécurité incendie, en limitant l’artificialisation des sols et en optimisant la performance énergétique. Défis relevés par l’agence d’architecture Atelier 17c, qui a imaginé une usine sur deux niveaux, où le bois trouve sa place en murs CLT (lamellé-croisé) et en charpente lamellé-collé. Un chauffage à granulés de bois et des panneaux solaires photovoltaïques complètent la démarche énergétique. L’eau de pluie est récupérée pour alimenter le process industriel. À l’extérieur, les surfaces imperméabilisées sont limitées et les clôtures grillagées sont remplacées par des haies.
Restaurant scolaire en bois communal à Saint-Siméon-de-Bressieux (Isère)
Mention « Ressource locale »
Surface : 498 m²
Maître d’ouvrage : Commune de Saint-Siméon-de-Bressieux
Architecte : Atelier d’architecture Normandon & Jardin (38)

À travers cette mention, le jury a souhaité mettre en valeur cette construction qui utilise les douglas issus de la forêt communale. L’atelier d’architecture Normandon & Jardin s’est mobilisé avec l’ensemble des acteurs du projet, l’ONF, la scierie, le bureau d’études bois, le charpentier et le menuisier. Dans un principe de circuit court, le bois a été transformé par des entreprises locales. La conception des structures bois valorise le bois massif communal et des bois locaux (Bois de Chartreuse et Bois des Alpes pour le lamellé-collé).
