
À Toulouse (Haute-Garonne), pour Vinci Immobilier Grand Ouest – Oppidea (31), Atelier Stéphane Fernandez a livré en 2024 Les Formes hautes, une opération de 188 logements pour étudiant et 50 appartements familiaux. Surface : 8 700 m² SDP. Coût : 14 M€ HT. Communiqué.
L’unité résidentielle émerge sur le site d’Empalot,à l’articulation du grand ensemble hérité des années 1960, de la nouvelle passerelle piétonne qui enjambe la Garonne jusqu’à l’île du Ramier, et de la prairie des sports qui donne une centralité au quartier.


Le projet consiste à donner aux habitants le sentiment tangible d’un chez-soi, mais aussi de créer une urbanité douce, capable de réconcilier les silhouettes disparates de l’architecture environnante. Courtoises, les Formes hautes n’en sont pas moins assurées car, si la démarche est réparatrice, elle est surtout prospective.
L’architecture est forte, déterminée, déterminante, protectrice, mais aussi ouverte, poreuse, appropriable, transformable. Elle a été pensée pour le temps long : la générosité de la trame structurelle permet la réversibilité des parkings en équipement public ou culturel (bibliothèque de quartier, maison de la culture), l’évolution des logements qui, de cellules étudiantes, sont facilement transformables en appartements familiaux. À l’intérieur de la trame, viennent s’insérer des modules de façade préfabriqués qui, dans quarante ou cinquante ans, pourraient être remplacés pour répondre à de nouveaux enjeux environnementaux ou socioculturels.


D’un point de vue urbain, l’îlot respecte le sol naturel. À la manière japonaise, il s’y pose sans l’envahir, mais relève le défi de le répliquer en élévation, grâce à un socle qui épouse les limites de la parcelle et affirme l’unité de l’ensemble. S’y logent des espaces collectifs, des rues, des places, des patios, des rampes ainsi que deux niveaux actuellement dédiés au stationnement.
Ce soubassement habitable scandé par de fortes colonnes, jouant de la dilatation autant que de la compression, forme un espace hypostyle traversé par de longues perspectives qui portent le regard vers l’espace intérieur, la ville et le paysage.
De cette matrice solide et poreuse, surgissent trois immeubles (R+7, R+6, R+3) qui regardent au-delà du fleuve vers la ville ancienne et l’île du Ramier. L’architecture quitte le sol en même temps qu’elle s’y arrime, dans une recherche permanente de puissance et de délicatesse qui trouve sa pleine expression dans le travail sur les matières (bétons de site, pavés de calcaire), sur les couleurs et sur la précision du dessin.


Aux Formes hautes, la composition est savante et le mouvement continu : les blocs se désaxent, glissent, entrent en tension les uns vers les autres ; les volumes sont sculptés par des biseaux et des cannelures qui accrochent la lumière et font exister les surfaces et les angles ; la géométrie des fenêtres joue de la cinétique et multiplie les effets optiques.
L’architecture participe de la fabrique de la ville selon une partition inédite qui travaille l’îlot à toutes les échelles, dans toutes ses dimensions. Le présent veut ici contenir à la fois le passé et l’avenir (de la ville).

