
À Bobigny (Seine-Saint-Denis), pour AP – HP maître, AIA Life Designers (entreprise Rabot – Dutilleul Construction mandataire) a conçu le projet du Pavillon Femmes-Enfants (PFE) de l’hôpital Avicenne. Surfaces : 19 515 m². Montant des travaux : 62,60 M€ HT. Livraison prévue : novembre 2027. Communiqué.
Le projet du Pavillon Femmes-Enfants (PFE) de l’hôpital Avicenne, à Bobigny, s’inscrit dans une démarche ambitieuse de transformation de l’offre hospitalière en Seine-Saint-Denis. Cette opération répond à la dynamique démographique et aux besoins spécifiques d’une population jeune et socialement vulnérable.
Le futur bâtiment regroupera en un seul lieu toutes les expertises liées à la femme et à l’enfant : fertilité, obstétrique, pédiatrie et gynécologie. Il améliorera la lisibilité des parcours de soins et renforcera l’accessibilité grâce à sa desserte par les transports publics existants et futurs.

Le programme du PFE inclut le regroupement des activités de fertilité, obstétrique, pédiatrie et gynécologie, avec un fort engagement écoresponsable et des exigences élevées en matière de modularité et de lisibilité des parcours de soins.
Concevoir un bâtiment de soins est un exercice complexe, nécessitant l’intégration de toutes les grandes orientations de l’hôpital de demain : développement de l’ambulatoire, performance et efficience des organisations sanitaires et logistiques, automatisation et standardisation des processus, évolutivité des structures, performance des systèmes d’information et gestion optimisée du patrimoine bâti.
« Il nous faut gérer plusieurs typologies de flux, sans qu’ils se mélangent, tout en maintenant des liens fonctionnels entre les services. […] Le bâtiment est lisible et attractif, aussi bien pour les patients que pour le personnel », explique Cécile Grouille, architecte.
Le parti pris architectural traduit ces enjeux majeurs en favorisant : la biophilie, le respect du rythme circadien, l’activité physique (design actif), la stimulation sensorielle et l’usage de signalétiques incitatives (nudge design), avec pour objectif de créer un contexte de travail et d’accueil favorable à la santé et au bien-être.

Intégration au patrimoine et excellence environnementale
Dans son image, l’intégration au patrimoine existant et l’excellence environnementale ont été des concepts forts, se traduisant par un bâtiment qui s’inscrit dans la continuité historique du site d’Avicenne.
Inauguré en 1935, l’hôpital — alors appelé hôpital francomusulman — était destiné à accueillir les malades de confession musulmane originaires du Maghreb, résidant en région parisienne. Conçu par les architectes Maurice Mantout et Léon Azéma, il se présente comme un bâtiment de style mauresque, caractérisé par ses arcades et ses éléments décoratifs d’inspiration orientale.
En 1968, l’établissement devient un centre hospitalier universitaire, avant de prendre, en 1978, le nom d’Avicenne.* L’accès historique se faisait par un porche décoré de mosaïques bleues et or, surmonté d’une quadruple rangée de tuiles canal et prolongé par un muret au faîtage vert.
Ce porche, ainsi que les façades (y compris la colonnade) et toitures de la partie centrale du bâtiment Larrey, le hall d’entrée, la salle du conseil et la chapelle funéraire de la morgue, sont aujourd’hui protégés au titre des Monuments historiques (inscription par arrêté du 25 janvier 2006). Non seulement les circulations principales suivent les tracés historiques, mais les façades, les volumes et les couleurs du projet s’inspirent également des arcades mauresques. Les façades extérieures, réalisées en panneaux de béton préfabriqué clair évoquant la pierre calcaire, diffusent une teinte apaisante.

Le projet établit un dialogue harmonieux avec le bâtiment Larrey et la colonnade classée, modernisant l’écriture architecturale sans la trahir. Le paysage, autrefois grignoté par les parkings, est reconquis grâce à des toitures végétalisées et à des espaces intérieurs verdoyants, recréant un cadre apaisant pour les patients et le personnel.
« Nous avons repris les teintes et les matérialités des façades historiques. Le béton architectonique blond de notre bâtiment s’intègre dans la continuité du bâti existant », souligne Laurent Pérusat, architecte.