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Accueil > Réalisations > C'est d'actu > Au Plessis-Robinson, hôpital Marie Lannelongue par Jean-Philippe Pargade

Au Plessis-Robinson, hôpital Marie Lannelongue par Jean-Philippe Pargade

12 juillet 2026

Plessis-Robinson, hôpital Marie Lannelongue Jean-Philippe Pargade
@Michel Denancé

Au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), pour le Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph, Pargade Architectes a livré en 2026 le nouvel hôpital Marie Lannelongue. Un palais dans la ville ? Surface : 34 000 m² (SDP) ; Coût total : 115 M€ HT. Communiqué.

Le programme demandait la construction d’un hôpital neuf de 242 lits et places, caractérisé par des activités de chirurgie avec l’arsenal de réanimation, soins intensifs et soins continus associés ainsi qu’un centre de recherche et de formation, une crèche pour le personnel et un hôtel parental.

Jean-Philippe Pargade
@Michel Denancé

Le territoire d’implantation de l’hôpital

Situé sur le plateau industriel de Clamart dans la commune du Plessis-Robinson, à l’ouest, cet espace en pleine mutation urbaine, bien desservie par les différents moyens de transport franciliens, constitue un enjeu important de développement au sein du Grand Paris. C’est le lieu qui a été choisi par la fondation de l’hôpital Saint-Joseph pour déménager l’hôpital Marie Lannelongue.

L’hôpital Marie Lannelongue est un équipement de santé spécialisé majeur dans ce territoire, un lieu d’excellence médicale dans le sud parisien, un lieu de haute technologie orienté vers la cardiologie les poumons le vasculaire.

Implantée dans la banlieue sud, jouxtant Fresnes qui a vu naître dans les années 50 les « castors » modèle innovant de logement que l’on peut aménager soi-même, la ville du Plessis-Robinson est réputée aujourd’hui pour sa politique ambitieuse de « renaissance urbaine ». Il s’agit de casser les marques passées du « mouvement moderne » pour recréer un environnement pittoresque faisant renaître la culture urbaine des villes européennes. Initialement séduit par l’architecture de Spoerri auteur de port Grimaud, le maire interprète au fur et à mesure des projets sa vision de l’architecture pour renverser l’image de l’architecture « brutaliste » des banlieues.

Le plateau de Clamart dit quartier Noevos est le terrain de jeu du renouvellement urbain. Composé d’îlots de différentes dimension installés sur une trame orthogonale soulignée par des alignements d’arbres, le quartier abrite des bureaux siège MBDA fabriquant de missiles, qui jouxtent les usines Coca-Cola sur le point de déménager et des ensembles de logements denses R+6 traversés de canaux et de jardins ; un paysage inattendu plein de surprises tant dans la confrontation des styles que des formes qui se superposent à l’image d’un collage de Kurt Schwitters. A tel point que le visiteur perd toute référence historique et ce pose la question de savoir s’il n’y a pas là l’aboutissement du post modernisme. La copie d’ancien est « neuve », les usines et bureaux sont « anciens ».

Jean-Philippe Pargade
@Pargade Architectes
Jean-Philippe Pargade
@Michel Denancé

Démarche urbaine

Le volume de l’équipement de santé s’inscrit parfaitement dans la trame orthogonale régulière originale du plateau industriel souligné par des alignements d’arbres. L’idée centrale du projet est de réaliser un îlot urbain traditionnel autonome composé de quatre façades identiques pour former un volume unitaire traversé par un jardin intérieur.

Il occupe la presque totalité du terrain 12 000m2. Il intègre dans un ensemble unitaire et dans une même enveloppe toutes les fonctions support de l’établissement de soins : locaux techniques, hélistation, logistique, cour ambulances, parc de stationnement. La composition permet en outre de dégager le bâtiment principal de soins et son satellite connecté destiné à la recherche.

L’établissement directement en contact avec l’espace public est à l’image d’un hôtel comme l’hôtel Lutetia à Paris, avec son entrée sur la rue et toutes ces fonctions techniques intégrées dans le bâtiment principal en sous-sol.

Plessis-Robinson, hôpital Marie Lannelongue
@Michel Denancé
Plessis-Robinson, hôpital Marie Lannelongue
@Michel Denancé

Chaque façade est spécialisée par fonction ce qui confère une grande lisibilité à l’édifice : l’entrée principale au sud sur l’avenue Galilée reçoit les patients, les visiteurs et le personnel, l’accès à l’est sur l’avenue Newton du bâtiment annexe accueille le personnel de recherche, au nord, bien séparé du reste des flux, se trouve l’accès logistique vers la cour de service et enfin à l’ouest l’accès des urgences, au parking et au parc de stationnement.

Les façades sont imprégnées de cette volonté de créer un « palais dans la ville » pour symboliser l’importance de cet équipement public majeur dans son environnement. Elles s’inspirent directement, tant dans la compacité des volumes que dans le rythme, du canon classique de l’esthétique d’Auguste Perret, en particulier de la Salle Cortot (1928-1929) pour l’École Normale de Musique de Paris

En soubassement les rez-de-chaussée sont protégés par des micro-jardins à l’anglaise. Les niveaux intermédiaires sont sur un rythme binaire, la terminaison est composée sur un rythme ternaire.

Les angles sont marqués en creux. La toiture forme une terminaison dorée

Jean-Philippe Pargade
@Michel Denancé

Une enveloppe béton brut /marbre /or

C’est la matérialité qui définit les formes architecturales. Dans la tradition française en matière de qualité du béton, les façades porteuses sont coulées en place pour former un double mur sans joint apparent, avec isolant intégré entre les deux parois reliées par des connecteurs. C’est du béton blanc avec une matrice en fond de coffrage pour obtenir un nervurage « comblanchien ». L’épaisseur du mur extérieur permet en outre d’intégrer des motifs sur le coffrage pour obtenir après démoulage des motifs et une modénature.

Les façades porteuses forment une enveloppe monolithique et continue sur les quatre façades qui profitent d’une exceptionnelle inertie thermique.

Les baies sont des percements dans les voiles. Leur grande dimension en hauteur et leur accompagnement par des fausses fenêtres fait référence a l’architecture classique du XVIII siècle. A l’ambiguïté en architecture s’oppose le béton brut comme une pièce d’«arte povera » au comblanchien art éco. Le béton confère une image symbolique qui est ici détournée pour en faire un matériel noble précieux souligné et mis en valeur par le doré des menuiseries.

Jean-Philippe Pargade
@Michel Denancé
Jean-Philippe Pargade
@Pargade Architectes

Organisation des espaces

Le bâtiment principal, à vocation hospitalière et de forme carrée, est organisé selon un plan cruciforme qui ouvre les espaces sur quatre grandes cours, de les organiser en continuité le long du périmètre et de les desservir indépendamment d’un noyau central.

La configuration compacte, carrée et en forme de croix du bâtiment hospitalier est un schéma bien établi dans l’évolution des typologies hospitalières, depuis l’historique Ospedale Maggiore de Milan, œuvre de Filarete (XVe siècle), jusqu’à l’hôpital prototype anglais des années 1960 à Greenwich, , ici, nous avons en adopté ce schéma, pour répondre à des exigences de proximité entre les médecins et les patients, d’optimisation du travail et de différents degrés de flexibilité. Le fait d’avoir destiné un bâtiment adjacent à des fonctions de recherche et de formation s’explique par la signification différente que revêtent ici ces mêmes exigences de proximité, d’optimisation et de flexibilité.

Les deux bâtiments sont reliés par le rez-de-chaussée donnant sur le jardin et par une passerelle surélevée au premier étage ; les hauteurs des étages supérieurs ne sont pas, car le bâtiment proprement hospitalier nécessite des hauteurs plus importantes pour les installations techniques. Cette disposition en deux volumes atténue l’image de l’hôpital en tant que mégastructure, le rapprochant davantage du type architectural de l’immeuble urbain.

Au niveau des deux sous-sols, qui s’étendent sur toute la superficie du terrain, se trouvent le parking et les espaces logistiques.

Le rez-de-chaussée du bâtiment principal est dédié à l’accueil des patients et au diagnostic : consultations, examens fonctionnels et imagerie médicale. Au même niveau, dans le bâtiment secondaire, se trouvent des espaces dédiés à la formation et à la recherche, ainsi qu’un espace de prélèvements.

Jean-Philippe Pargade
@Pargade Architectes

Les premier et deuxième étages du bâtiment principal forment le plateau medico technique qui abrite les deux ensembles de blocs opératoires et les lits de soins intensifs. Chaque bloc opératoire suit un schéma d’agencement où les salles s’enchaînent le long du périmètre, desservies par un couloir mixte et des espaces communs de préparation et de réveil.

Un étage technique, situé au niveau du troisième étage, surplombe les deux blocs opératoires. Au troisième et au quatrième étage se trouvent les chambres d’hospitalisation, organisées par spécialité dans des chambres individuelles situées le long du périmètre du bloc; le schéma d’agencement permet une répartition flexible des services.

Le cinquième niveau du bâtiment principal et le sixième niveau du bâtiment annexe sont réservés au personnel.

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Par La rédaction Rubrique(s) : C'est d'actu, En France, Santé Mots-clés : Hauts-de-Seine, Hôpital, Jean-Philippe Pargade

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