
La Maison de la culture du Japon à Paris (MCJP) met à l’honneur le photographe Kazuo Kitai, un grand maître ayant passé soixante ans à photographier le Japon. Du 30 avril jusqu’au 25 juillet 2026.
Depuis les années 1960, Kazuo Kitai documente le Japon de l’intérieur : luttes étudiantes, résistances paysannes, villages voués à disparaître, banlieues en plein essor et scènes du quotidien. Toujours au plus près des gens, son regard mêle engagement, douceur et mémoire.
L’exposition « Kazuo Kitai, l’éloge du quotidien » propose de faire découvrir, pour la première fois en France, l’un des photographes japonais les plus importants de l’après-guerre. À travers non moins de 130 tirages, l’exposition offre une traversée complète de son oeuvre, depuis les séries militantes des années 1960-1970 jusqu’à ses travaux les plus récents réalisés chez lui. Les photographies de Kitai montrent la société japonaise « de l’intérieur » : mouvements étudiants, luttes paysannes, paysages ruraux en mutation, scènes urbaines, instants ordinaires…
Cette rétrospective permet ainsi de saisir l’évolution d’un regard profondément humaniste, attentif aux transformations du Japon et à la mémoire de ceux qui l’habitent.

L’exposition est articulée autour de quatre sections : la première Se révolter / Sanrizuka, Résistance, Barricade, revient sur les débuts de Kitai notamment au travers de ses séries sur les luttes étudiantes. Puis avec La vie à la campagne / Paysages familiers, Vers les villages, le visiteur est immergé dans la mélancolie de la campagne japonaise des années 1970. La troisième section intitulée La vie quotidienne / Funabashi Story, Shinsekai monogatari donne à appréhender le quotidien de la classe moyenne dans les villes-dortoirs de la banlieue de Tokyo dans les années 1980, ainsi que le quartier populaire de Shinsekai à Osaka. Enfin, l’exposition se clôt par une section dédiée à un travail plus intimiste du photographe (Promenade avec mon Leica) et sur l’une de ses dernières séries, IROHA, qui témoigne de sa capacité intacte à se renouveler à 80 ans.
Kazuo Kitai, né en 1944 en Mandchourie, retourne au Japon avec sa famille alors qu’il est enfant. Il s’impose dès la fin des années 1960 avec des séries documentaires emblématiques comme Barricade et Sanrizuka, réalisées au coeur des mouvements étudiants et des luttes paysannes contre la construction de l’aéroport de Narita. Dans les années 1970, il se tourne vers les villages en voie de disparition avec Vers les villages et Paysages familiers, œuvres sensibles qui consolident sa réputation. Lauréat du prix Ihei Kimura en 1975, il poursuit ensuite son exploration du quotidien japonais, notamment dans Funabashi Story (années 1980) et, plus récemment, dans ses séries Promenade avec mon Leica et IROHA.

Récompensé à plusieurs reprises, notamment par la Société de photographie du Japon, Kitai reçoit en 2024 le prix Hidano Kazuemon. En plus de cinquante ans, il a bâti une oeuvre humaniste, attentive aux transformations sociales autant qu’aux gestes ordinaires de la vie.
Kazuo Kitai, l’éloge du quotidien
Jusqu’au 25 juillet
Maison de la culture du Japon à Paris
101 bis, quai Jacques Chirac
75015 Paris
Tél. 01 44 37 95 00/01
www.mcjp.fr
Horaires : Mardi – samedi de 11h à 19h / Fermé les dimanches, lundis et jours fériés