
À Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), pour la Foncière du Château Saint-Léger maître d’ouvrage, Baumschlager Eberle Architectes a livré en 2026 IXCAMPUS, campus technologique et universitaire hybride. Surfaces : 17 685 m² SDP. Coût des travaux : 72 M€ HT. Communiqué.
Centre technologique et universitaire de 40 000 m² labellisé Territoire d’Industrie et Grand Lieu d’Innovation depuis 2019, ce site rassemble entreprises innovantes et formations de CY Cergy Paris Université au sein du parc d’une ancienne villa achevée en 1886 : « le château Saint-Léger ». Composé de deux bâtiments distincts – la Grande Orangerie, un long bâtiment d’enseignement et l’Incubateur aux contours cruciformes – le projet conçu par Baumschlager Eberle Architectes articule, dans ce contexte, une stratégie paysagère ambitieuse et une approche renouvelée de la préfabrication en bois.
Pour révéler une perspective disparue, Baumschlager Eberle Architectes a imaginé, dans ses plans, la Grande Orangerie un long bâtiment pour se glisser entre des arbres centenaires – dont certains sont classés – et, par-dessus tout, pour respecter le génie du lieu. Pour s’y harmoniser, le propos a, là aussi, été d’excaver le site, d’y créer un léger décaissement afin de se positionner en douceur : la hauteur de la construction est ainsi habilement minimisée.



Au centre, un vide est dûment valorisé. En mire de l’imposante bâtisse fin de siècle, l’ordre paysager est ainsi parfaitement respecté. L’idéal de campus appelait à créer ce rapport à l’extérieur avec, à l’esprit, la configuration des plus prestigieux sites universitaires anglais ou américains qui jamais ne font l’économie de ce lien fidèle à la nature.
L’ensemble est ainsi subtilement fractionné, divisé en différentes entités : le bâtiment d’enseignement d’abord, cet élégant « trait » qui longe la perspective, et l’incubateur ensuite qui marque l’entrée du site par ses contours cruciformes. L’enjeu de cette fragmentation est de réduire l’impact visuel de chaque construction. En plan, cette composition mêle des formes géométriques simples, évidentes, voire identifiables.



La mise en œuvre du bois permet l’intégration de ces deux bâtiments dans un site naturel remarquable. Pour la Grande Orangerie, de grandes épines rythment la façade et contreventent l’ensemble ; elles sont l’évocation même des alignements d’arbres et de leur tronc rectiligne. Elles assurent par ailleurs la protection solaire des espaces intérieurs. L’évocation du contexte trouve ainsi son utilité.
À l’entrée du site, la proposition est différente. L’agence mobilise à cet endroit l’imaginaire des jardins pittoresques du XVIIIe siècle et de leurs prodigieuses « fabriques », ces petits pavillons mêlant ruines antiques, fantaisies gothiques et architectures exotiques. L’idée était de travailler à partir d’un mode constructif pragmatique – un tressage de bois – et d’ériger une « pagode » contemporaine.



IXCAMPUS attendait de son site qu’il stimule par ailleurs la « fertilisation croisée ». Ces nouvelles constructions donnent ainsi corps à un écosystème aussi bien profitable à la recherche qu’à l’entreprenariat. L’architecture, dans ces circonstances, a été pensée pour être la plus flexible possible.
Elle l’est tant et si bien, qu’à l’avenir, l’ensemble pourrait être transformé en logements pour étudiants voire en hôtel, en école ou en musée. Toutes les possibilités sont offertes par une structure pensée pour ne jamais contraindre les usages.