À Montreuil (Seine-Saint-Denis), pour YARD maître d’ouvrage, Exbrayat Enrico Architectes (Benjamin Exbrayat, Maxime Enrico) a livré en 2025 la transformation de 1 600 m² d’anciennes halles industrielles pour accueillir le nouveau siège social de YARD. Surface : 1 600 m², dont 1 100 m² de bureaux et 500 m² d’espace événementiel. Budget : 4,5 M€ HT. Communiqué.
Le programme consistait en la réhabilitation et transformation des anciennes usines Beromet en quatre halles industrielles en bureaux, espaces de création, galerie, hall événementiel, ateliers, espaces de sport. Ainsi le nouveau siège de YARD est un lieu à la fois productif, narratif et collectif, pensé comme un écosystème vivant, en résonance avec l’énergie créative de YARD. À travers la requalification de quatre bâtiments hétérogènes, l’agence imagine un campus créatif, où se rencontrent espaces de travail, lieux de création et dispositifs de diffusion.


Chaque volume, travaillé dans sa singularité, offre une réponse spatiale adaptée à la diversité des usages et révèle une matérialité brute adoucie par la lumière et le soin du détail. Les circulations, les seuils et les transitions deviennent autant de lieux de rencontre, porteurs d’usages informels et de porosité entre intérieur et extérieur.
« Concevoir la maison YARD, c’était imaginer un lieu capable de faire dialoguer production, création et collectif. Nous avons cherché à révéler la richesse d’un site fragmenté pour en faire un ensemble ouvert, cohérent et en mouvement. Chaque bâtiment possède sa singularité et participe à une expérience commune, où les espaces deviennent un levier de récit, de partage et d’ancrage territorial », explique Exbrayat Enrico Architectes
« Nous n’avons pas pensé ce lieu comme un siège social. Yard devient un espace culturel ouvert, un média en soi, un outil de production au sens large et une plateforme d’inspiration pour nos équipes et nos audiences. Cela se veut être aussi un signal fort de notre ambition pour les dix prochaines années », poursuit Tom Brunet, Co-fondateur et CEO de YARD


Transformer un héritage industriel en récit architectural
La réhabilitation des anciennes usines Beromet pour accueillir le siège de YARD engage le projet dans une démarche où la transformation architecturale rejoint une réflexion stratégique et culturelle. Il ne s’agit pas de restaurer un site existant, mais d’inventer un lieu à partir de ses strates, de ses épaisseurs et de ses potentiels d’usages. L’espace est à la fois un outil de travail, un vecteur de représentation et un support de narration.
Pour l’agence Exbrayat Enrico, imaginer le siège social de YARD revient à concevoir un lieu habité : un foyer professionnel, une scène de création et un espace de vie et de rencontre. Dans ce contexte émerge la notion de campus, non comme un modèle mais comme un cadre d’intelligibilité du projet. Ouvert, traversé, perméable, le campus se définit comme un système vivant, capable d’articuler différentes échelles et temporalités, d’accueillir le travail, la création et la diffusion dans une continuité fluide.


La rue intérieure : un axe de circulation et de rencontre
Pensée comme une extension de l’espace public, l’allée principale du siège devient à la fois un lieu de circulation, de travail et de représentation. Elle structure le projet, guide le regard vers l’accueil du campus et met en scène les bureaux comme autant d’ouvertures sur l’extérieur. Par le traitement homogène des façades, anciennes et nouvelles, Exbrayat Enrico crée une continuité sensible qui immerge l’usager dans l’univers du projet. La minéralité assumée de la rue intérieure et son agencement souple favorisent la porosité entre intérieur et extérieur, élargissant les usages vers la ville.
Surplombant l’entrée, une façade-billboard rend visibles les actions menées par YARD, tandis qu’un parcours alternatif réservé aux équipes relie directement les espaces de travail à l’extérieur. Ce double dispositif articule ouverture et confidentialité, dans une lecture fluide des usages.

La Galerie, la Fabrique et le Yard Hall : une dimension intérieure plurielle et narrative
Au-delà de la rue intérieure, le projet se déploie autour d’espaces complémentaires qui traduisent la diversité des usages et des temporalités du lieu. À l’intérieur, l’esthétique brutaliste et moderne se déploie entre béton, aluminium et matériaux issus du réemploi, traduisant la volonté d’Exbrayat Enrico Architectes de conjuguer expression radicale et sensibilité contemporaine. Le sourcing de mobilier responsable, signé Hall Haus et Maximum, prolonge cette écriture par un design responsable.
La Galerie constitue le coeur social du campus. À la croisée de la rue intérieure et des espaces de travail, elle accueille les échanges, les rencontres et les moments collectifs. Son mobilier sur mesure, sa transparence et son ouverture sur la cuisine commune en font un lieu à la fois fonctionnel et convivial, un espace de respiration au centre du dispositif. Le béton brut dialogue avec des teintes naturelles, ponctuées de touches de couleur qui rappellent l’énergie créative de YARD. Située à l’intersection de tous les flux, la galerie constitue le coeur névralgique du projet. À la fois point d’accueil et lieu de passage, elle organise la rencontre entre le public et les espaces plus confidentiels du siège. Pensée comme un espace d’interface, elle permet de recevoir, de travailler, d’échanger, sans pénétrer dans les étages de bureaux.

La Fabrique, installée dans l’ancien bâtiment administratif, rassemble les bureaux et les zones de production. Organisée autour d’un atrium central, elle favorise les connexions visuelles entre les niveaux et offre une gradation d’ambiances : du rez-de-chaussée ouvert sur le jardin à un dernier étage plus intime, propice à la concentration. Le bois clair, les cloisons vitrées et les tonalités sable confèrent à l’ensemble une atmosphère apaisante, où la lumière naturelle adoucit le caractère industriel du bâti.
Coeur opérationnel du projet, le Yard Hall constitue un campus dans le campus. Conçu comme une grande scène modulable, il accueille événements, expositions, conférences ou pratiques sportives. Ouvert sur la rue intérieure, il prolonge le mouvement du campus vers l’extérieur, créant une continuité entre production, diffusion et partage. La hauteur sous plafond, la charpente métallique laissée apparente et les jeux de lumière naturelle font du lieu un manifeste spatial vibrant, à la fois brut et généreux.

