
À Toulouse (Haute-Garonne), au cœur du Mirail, pour la ville maître d’ouvrage, l’agence PasselacRoques (Romain Passelac et François Roques) a livré en 2024 un centre social qui affirme une présence simple et accueillante. Surface : 950 m². Coût : 2,25 M€ HT. Communiqué.
Avant-Propos
Au cœur du quartier du Mirail, trois volumes en brique claire, séparés par des cours plantées, composent un lieu protecteur, ouvert sur la ville.
Pensé comme une maison de quartier contemporaine, l’édifice s’organise en bras ouverts autour d’une cour arborée, espace de rencontre et de respiration. L’architecture, sobre et lisible, traduit la volonté d’offrir à tous un cadre familier, chaleureux et durable.
Par la clarté de sa distribution, la réversibilité de ses espaces et le soin apporté à la lumière, le Mirail tisse un lien entre générations et usages, et s’inscrit dans la continuité des constructions toulousaines, ancrées, minérales, tournées vers la vie collective.


Genèse et contexte
Le centre social Toulouse le Mirail s’inscrit dans la dynamique de renouvellement du quartier du Mirail, à Toulouse. Commandé par la Ville, il répond à un besoin de proximité et de partage dans un secteur longtemps marqué par les ruptures urbaines. Le projet vise à redonner au tissu local un lieu fédérateur, capable d’accueillir les habitants, les associations et les jeunes dans un cadre lisible et bienveillant.
Implanté en lisière de la place Aristide-Maillol, à la rencontre du quartier d’habitat et du campus universitaire, le bâtiment fait le lien entre deux mondes : celui du quotidien des familles et celui de la vie étudiante.
Cette position charnière a guidé le dessin d’un équipement ouvert, visible depuis la place, mais protecteur dès qu’on y pénètre. La réponse architecturale s’appuie sur la lecture sensible du site : orientation solaire, perception du vent, usages existants et cheminements piétons. L’agence Passelac Roques a cherché à inscrire le bâtiment dans la continuité de l’identité toulousaine, en valorisant les matériaux locaux et l’échelle domestique, tout en affirmant un langage sobre et actuel.


L’architecture : volumes, organisation, matérialité
Le projet s’organise autour d’une cour centrale, véritable cœur de vie du bâtiment. De part et d’autre, trois volumes en brique claire se déploient en séquences : le centre social, l’accueil jeunes et un espace commun de rencontres et d’ateliers. Cette composition en bras ouverts traduit la volonté d’offrir un lieu protecteur, perméable à la lumière et au paysage, mais toujours lisible dans son usage.
Les circulations sont claires, les parcours fluides. Depuis l’entrée sur la place, le visiteur découvre successivement les patios plantés, les espaces d’accueil et les salles d’activité baignées de lumière naturelle. Le plan privilégie la simplicité : des volumes francs, un socle continu, et des ouvertures cadrées sur le végétal.
La brique claire, utilisée en façade, renoue avec les teintes du bâti toulousain tout en jouant d’une vibration contemporaine. Son module régulier souligne les pleins et les vides, les passages et les seuils. À l’intérieur, le béton apparent, le bois et les menuiseries claires composent une atmosphère douce et robuste, pensée pour durer.
Cette sobriété structurelle s’accompagne d’un travail attentif sur les qualités environnementales : isolation par l’extérieur, matériaux biosourcés, gestion de la lumière et des apports solaires. L’architecture tire ainsi sa force d’un équilibre entre économie de moyens et richesse d’usages — un bâtiment simple, juste, et vivant.


Vivre le lieu
Depuis son ouverture, le centre social s’est imposé comme un repère familier dans le quartier. Visible depuis la place, il attire naturellement les habitants, les familles, les enfants et les étudiants qui traversent le site. Sa cour intérieure, protégée et arborée, devient un espace de rencontre, où les activités se prolongent au-dehors, dans une continuité simple entre dedans et dehors.
Pensé pour accueillir des usages évolutifs, le bâtiment permet une appropriation souple des espaces : salles d’ateliers, bureaux associatifs, lieux de détente et d’échanges peuvent se transformer selon les besoins. Les volumes généreux, les ouvertures cadrées sur le végétal et la lumière naturelle participent à une atmosphère apaisée.

Plus qu’un équipement, Toulouse le Mirail se veut un cadre quotidien, un lieu à échelle humaine où se tissent des liens, où se réinvente le collectif. Par la sobriété de son écriture, l’attention portée à la matière et la clarté de ses espaces, l’architecture participe ici d’un projet social, celui de créer un lieu qui rassemble.