
Au Louvre, les œuvres sont accrochées depuis des siècles mais l’actualité, elle, se renouvelle presque chaque jour. Et durant la semaine du 3 au 10 mars 2026, entre politique culturelle, dîner mondain et performance militante, le musée le plus célèbre du monde s’est transformé en musée des curiosités contemporaines. Quelques brèves indiscrètes.
Le miracle du certificat médical
Incroyable ! Le 3 mars, à l’Assemblée nationale, la commission des affaires culturelles attendait l’ancienne patronne du Musée du Louvre. Deuxième convocation. La première avait déjà mystérieusement disparu dans les limbes administratives.
À 18 heures, sa chaise reste vide.
Le président de la commission d’enquête, le député LR Alexandre Portier, annonce alors, très officiellement, que l’intéressée a fait parvenir… un certificat médical dans l’après-midi. La santé avant tout ! Quelques heures plus tard pourtant, la patiente apparaît maquillée, en pleine forme, au journal de 20 heures de France 2, face à Léa Salamé.
La médecine française est décidément admirable : elle permet de se remettre d’une audition parlementaire escamotée en moins de trois heures. Dans l’hémicycle, le député Alexis Corbière, rapporteur de la commission, voit rouge. Une couleur pour lui et ses amis pourtant familière.
« C’est une fuite en avant pour ne pas répondre aux questions des députés. Quand on a la conscience tranquille et qu’on pense avoir bien fait son travail, on n’a pas de difficultés en principe à en rendre compte », a estimé Alexandre Portier auprès de l’AFP.
Certes.
Le Louvre en habit de soirée
Le même soir, pendant que certains députés s’énervent, le champagne coule sous à flot sous la pyramide. C’est le deuxième Grand Dîner du Louvre, organisé pour la Paris Fashion Week.
Robes haute-couture, smokings impeccables, silhouettes calibrées pour Instagram. La Joconde, qui a connu François Ier et Napoléon, découvre maintenant les influenceurs. Certains invités se seraient même aventurés dans les salles du musée. Par erreur. Heureusement, le buffet était plus facile à trouver que la salle des antiquités assyriennes.
Performance artistique imprévue
Le 8 mars, nouvelle animation sous la pyramide pour la Journée internationale des droits des femmes. Quelques militantes du Collectif Femen offrent au public une performance engagée. Tenue minimaliste, slogans maximalistes.
Le quotidien Le Monde publie la photo. Le dictionnaire du Diable prétend qu’« un militant, c’est un militaire qui porte son uniforme à l’intérieur ». Les Femen n’ont aucun besoin d’artifice pour exposer leur version très personnelle du patrimoine. Quelques touristes venus admirer la Vénus de Milo découvrent que la statuaire antique peut avoir des héritières très contemporaines.
Au comptoir en fin de soirée
Un habitué résumait la situation en levant son dernier verre :
« Au Louvre, il y a trois choses qu’on ne rate jamais :
les scandales, les cocktails…
et la Joconde qui regarde tout ça sans bouger ».
Un autre d’ajouter :
« Finalement, au Louvre, les œuvres sont immobiles…
mais l’actualité, elle, court dans tous les sens ».
Jean-Claude Ribaut