
Bien plus qu’une route ou un voyage, la photographie de Bruno Palisson ancre la géographie d’une époque dans l’espace d’une vie. Au bout de la nuit, l’aube du troisième jour ?
Ébloui par la lueur à la naissance de son premier jour, il se lève et marche, pleure, tombe et se rendort.
C’est ainsi que son voyage va commencer, il va parcourir sa vie et celle dont il va rêver à travers sa trajectoire d’observateur de l’univers. Il est en mouvement, il suit sa ligne, il n’a pas de temps.
Plus que mouvement, il ira d’un point vers un autre tout autant qu’il sera le déplacement en soi et donc beaucoup plus celui d’un voyage intérieur, plus sinueux, plus complexe et bien plus long.



Notre corps n’est peut-être qu’un véhicule, une enveloppe très fine dans un tout. Un espace où il n’y a pas de temps mesuré sinon celui que nous avons créé à notre échelle, où tout se déplace, change et se dilate.
Cet espace-temps est global, nous sommes interdépendants et formons un tout.
C’est l’écoulement de notre temps vers notre finitude qui nous pousse à décompter.
Il est déjà à l’aube de son deuxième jour, joie, rires, pleurs et souffrance, il ne sait pas, il est, il fait.
Il se déplacera.


C’est cette réalité qui se dessine qui deviendra la seule, même si elle est fausse, car la réalité vécue s’est dissoute et n’a aucune raison de nous revenir. Le récit que j’en fais est comme une ombre déformée d’une histoire que je raconte dont je ne capte que l’écho. Il y a sa vibration dans l’image tremblante d’une fiction et d’un roman possible.
Une photo instinctive, spontanée, en mouvement. Elle vient de l’intérieur, du cœur, de moins en moins de l’esprit, elle est ressentie. C’est la matérialisation, externalisée de la progression sur le chemin de vie.


C’est pris par nos émotions personnelles, individuelles que nous pensons qu’il y a une fin, mais nous ne faisons que de nous accomplir pour ne jamais finir. Il semblerait que nous pourrions être l’atomisation d’étoile ; plus qu’une lueur nous brillons, notre courbe de vie est plus courte que celle d’une étoile mais nous brillons et nous nous renouvelons et progressons perpétuellement sur nous-mêmes.
Bruno Palisson
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