
À Paris (XIIIe), pour Elogie Siemp maître d’ouvrage et la SEMAPA aménageur, l’agence Nicolas Hugoo Architecture a livré en 2024 une opération de 36 logements sociaux dans ZAC Paul Bourget. Surface : 2 668 m² SDP. Coût des travaux : 8,10 M€ HT. Communiqué.
Renouvellement du quartier Paul Bourget
À proximité de la Porte d’Italie, en lisière du Kremlin-Bicêtre, le quartier Paul-Bourget, bordé au sud par le boulevard périphérique et à l’ouest par le parc Kellermann, formait autrefois une enclave résidentielle : un ensemble de tours et de barres d’habitation devenues vétustes, desservi par des espaces publics peu valorisés. L’opération de requalification du secteur, engagée en 2014, vise à désenclaver le site et à améliorer durablement le cadre de vie de ses habitants.
Porté par Elogie Siemp et la Semapa, et conçu par Urban Act, le projet urbain est ambitieux : renouveler la ville en créant des logements nouvelle génération sur quatre hectares et redonner une place centrale au végétal et à la biodiversité. Ainsi, les 485 logements du nouveau quartier s’organisent autour d’un nouveau parc public de 8 000 m², ce qui permet de protéger les habitations des nuisances acoustiques. Cette pièce végétale structurante tire pleinement parti des arbres existants et relie désormais le parc Kellermann à l’avenue de la Porte d’Italie.
Afin d’apporter de la mixité au quartier et de le valoriser, des immeubles tertiaires et d’activités – résidence hôtelière, médiathèque ou encore salle de sport – sont construits le long du boulevard périphérique et de l’avenue de la Porte d’Italie. L’organisation des programmes sur la parcelle entend maîtriser la densité bâtie de l’îlot, dépolariser les vues sur le quartier, les perspectives vers le grand Paris, et libérer le sol en son cœur.


Une volumétrie au service du projet urbain
En bordure nord du jardin, trois plots s’alignent et longent avantageusement le paysage, en bordure sud, les bâtiments forment un peigne composé d’une succession d’épis ouverts sur le jardin. Ce nouveau front bâti le long de la rue Gerda Taro est entrecoupé de porches surmontés de jardins d’hiver qui laissent pénétrer la lumière du sud et offrent des vues sur le cœur végétal du quartier depuis la rue. Le projet architectural des 36 logements sociaux s’inscrit pleinement dans cette figure urbaine. Véritable articulation, il complète le front bâti de la rue Gerda Taro, tout en ouvrant vers le jardin.
La parcelle en parallélogramme attribuée au bâtiment présente des angles aigus que l’implantation et la volumétrie du projet se proposent d’adoucir par un jeu d’inflexions. Au sud-ouest, une première inflexion plie la façade au droit du seuil du jardin public afin d’évaser l’espace urbain de la nouvelle placette qui y donne accès. Symétriquement, au nord-est, une même inflexion permet d’élargir le prospect avec le bâtiment voisin, de gagner en luminosité et de dégager des vues obliques depuis les logements vers le jardin. Il en résulte une figure polygonale régulière et strictement symétrique, affranchie d’angles aigus qu’il aurait été difficile d’aménager. Ce plot édifié en R+7, à la fois compact et profilé, offre des façades élancées sur rue et sur jardin.
Des parties communes soignées
L’accès à l’immeuble se fait depuis la rue par un porche ouvrant sur un aménagement paysager menant au hall d’entrée et offrant une perspective sur la profondeur de la parcelle jusqu’au jardin public. En rez-de-chaussée, les locaux communs (poussettes, vélos et ordures ménagères) s’inscrivent dans le prolongement du hall d’entrée. La loge, soigneusement traitée dans ses finitions, occupe une position idéale entre la rue, le porche et le hall, assurant une relation directe avec les espaces publics et l’accès à l’immeuble. L’escalier, naturellement éclairé en façade, est séparé des paliers par une porte vitrée, permettant aux habitants d’apercevoir la lumière du jour et de se repérer dans le volume bâti.
Des logements variés
Dans cet immeuble en plot, les logements s’organisent autour d’un unique noyau de circulation verticale. Le plan type, du R+1 au R+5, distribue cinq logements par niveau. Les plus grands logements (T3, T4 et T5) sont situés aux angles et bénéficient ainsi de doubles orientations. La variété des typologies, du T1 au T5, permet d’offrir une diversité d’usages et de répondre aux besoins de différentes configurations familiales. Les angles nord-est et nord-ouest accueillent des duplex familiaux (T5) imbriqués en quinconce. Ces grands logements s’ouvrent généreusement sur le jardin, profitant de vues dégagées et d’une lumière abondante.
Les types de prolongements extérieurs varient selon les situations : loggias intégrées dans le volume en partie courante, larges balcons protégés par un écran acoustique en mitoyenneté avec l’immeuble voisin, balcons individualisés en double hauteur et en surplomb du jardin, et terrasses privatives en rez-de-chaussée ouvertes sur le jardin. Chaque logement dispose en outre d’une cave individuelle, offrant un espace de rangement supplémentaire.
Une construction mixte
Le choix du mode constructif est guidé par une double injonction : pérennité et performance environnementale. Deux registres d’ouvrage sont donc associés dans la construction. Une ossature poteaux-dalles en béton assure la robustesse et la longévité de la structure tout en limitant la quantité de béton mise en œuvre. Sans refends ni retombées de poutres (les poutres sont réalisées en bandes noyées dans les planchers), l’ossature offre des plans libres qui autorisent l’évolution des aménagements intérieurs, réalisés en cloisons légères. Des façades conçues en remplissages légers et biosourcés, sont réalisées en ossature bois et isolées par de la laine de bois.
Ce mode constructif mixte se manifeste dans une syntaxe élémentaire associant béton et bois. L’ossature en béton teinté dans la masse est composée, à l’image de la maison Dom-Ino, de dalles et de poteaux dont les assemblages et l’ordonnancement se donnent à voir en façade. Les dalles en débord forment des brise-soleil efficaces, protègent le bois des intempéries et ralentissent la propagation du feu en façade.
Des allèges basses filantes, à tous les niveaux, complètent l’ossature béton afin de préserver l’intimité des logements et de faciliter l’ameublement des pièces. Les allèges sont surmontées de bandeaux bois filants constitués de panneaux menuisés en red cedar massif qui bardent les parties pleines et occultent les parties vitrées par un système de volets pliants coulissants. La dynamique des volets anime les façades au rythme des journées et des saisons. Les ensembles menuisés tempèrent la minéralité de la structure apparente et confèrent à l’immeuble son échelle domestique.




