
À Nanterre (Hauts-de-Seine), pour la ville maître d’ouvrage, Sam architecture a livré en 2025 le Groupe scolaire à pédagogie innovante Yvonne Kerzrého. Surface : 4 856 m². Montant des travaux : 14,50 M€ HT. Communiqué.
Contexte
Au cœur de la ZAC des Groues, quartier en pleine transformation urbaine à Nanterre, le groupe scolaire Yvonne Kerzrého constitue un équipement public structurant, répondant aux besoins éducatifs, sociaux et culturels du quartier. Il accueille 20 classes dont 8 maternelles et 12 élémentaires, un centre de loisirs et un restaurant scolaire.
Ce projet développe deux thématiques qui sous-tendent depuis longtemps le travail de Sam architecture :
– d’une part, la conception d’une architecture décarbonée et pérenne, reposant sur l’usage de matériaux biosourcés et de solutions climatiques passives :
– d’autre part, une recherche spatiale expérimentale et novatrice, pensée pour accompagner les évolutions pédagogiques en cours.


Une école comme une ville à ciel ouvert
Rompant résolument avec la typologie des écoles historiques, le groupe scolaire des Groues est conçu comme une ville à ciel ouvert, où la vie se développe autour d’un atrium central, protégé par une toiture « papillon » qui laisse pénétrer la lumière au cœur du dispositif spatial.
Dès l’entrée, l’escalier monumental qui relie le hall au toit-terrasse, se fraie un chemin à travers la structure bois de cette machine à apprendre, épaisse et compacte. Contrairement au modèle d’école prédominant outre-Rhin – souvent réduit à un parallélépipède fonctionnel – le groupe scolaire des Groues, comme son grand frère à Gennevilliers livré par l’agence deux ans plus tôt, s’élève dans le ciel avec douceur, en reliant progressivement, étage par étage, le jardin des rails à la place des Groues.


Chaque étage accueille une entité du programme spatial :
– au rez-de-chaussée les espaces mutualisables, partagés : la médiathèque, la salle de motricité, le restaurant et les directions. Le centre de loisirs de l’école maternelle se situe également au rez-de-chaussée
côté cour ;
– au premier étage l’école maternelle et le centre de loisirs élémentaire ;
– au deuxième étage l’école élémentaire.
Chaque niveau est accompagné de cours et de terrasses privatives, autant de sols artificiels qui entourent les espaces intérieurs. Chaque classe bénéficie ainsi d’une extension extérieure directe, que ce soit via des terrasses ou des coursives, ouvrant le champ des possibles en matière d’activités pédagogiques, même en milieu urbain dense.


L’atrium intérieur, cœur du projet, offre une multitude de situations spatiales inhabituelles pour un programme scolaire :
– des gradins monumentaux surplombant le hall ;
– des vues croisées entre les coursives de l’école maternelle et élémentaire, comme dans un immeuble sur cour ;
– une place centrale en face du restaurant, munie de larges banquettes en gradins ;
– des banquettes en demi-lune sur les passerelles en étage ;
– des placettes partagées en bout de circulation.
Ces espaces différenciés proposent autant de lieux stimulants à disposition des enfants et enseignants désireux de prolonger l’activité pédagogique au-delà de la salle de classe.
L’intérieur, dominé par le bois, contraste avec la façade du bâtiment, marquée par les balcons et les poteaux en béton. Cette double lecture est le fruit d’une réflexion poussée sur l’équilibre entre impact carbone et pérennité des matériaux. Le bois est employé à l’intérieur ou dans les façades sous coursives de manière à être durablement protégé des intempéries et assurer un vieillissement maîtrisé. La double structure bois-béton en façade assure une continuité de l’isolant en minimisant les ponts thermiques.


L’association du bois et du béton permet aussi de rechercher les meilleures performances techniques dans les planchers : les planchers mixtes connectent des dalles béton à des solives bois en réduisant l’emploi du béton tout en restant dans un système de toiture-terrasse traditionnel et éprouvé, recouvert d’une chape béton continue.
Les réseaux techniques sont laissés apparents par la suppression des faux plafonds, assumant ainsi la construction dans toutes ses dimensions.
Le projet propose une multitude de cours différentes, quasiment le double du programme, avec au rez-de-chaussée une cour naturelle en pleine terre, au R+1 et R+2 des cours minérales adaptées aux saisons intermédiaires et hivernales, aux jeux de ballon et de roulement, puis sur le toit une vaste terrasse ombragée par les panneaux photovoltaïques.

Au sommet, le toit papillon, double shed qui éclaire et ventile l’atrium, accueille un théâtre extérieur. Il n’est pas sans rappeler les cinquièmes façades des cités radieuses et leurs équipements, acquis majeurs du mouvement moderne, qui redéfinirent avec ce dispositif l’image et l’usage de l’architecture.