
Le Prix National de la Construction Bois (PNCB), dévoilé en octobre 2026, met en lumière des ouvrages architecturaux, du quotidien à l’exceptionnel, provenant de l’ensemble du territoire français. Découverte des lauréats.
Un complexe sportif sobre à Parçay-Meslay (37)
Architecte : OYAPOCK architectes
Maître d’ouvrage : Tours Métropole Val de Loire (37)
Surface totale : 2 011 m²
Coût total : 4,3 M€

La construction d’un complexe sportif répond à une contrainte simple mais forte : répondre aux usages. À Parçay-Mesclay, trois sports avaient besoin d’une salle, le tennis, le judo et le tennis de table. Trois disciplines qui ont guidé les trois volumes, reliés entre eux par une toiture basse assurant la continuité tout en respectant l’identité de chaque pratique. Cette composition en plusieurs entités permet une grande flexibilité d’usage : chaque salle peut fonctionner de manière autonome selon les horaires et les besoins des différentes associations sportives de la commune.
La structure est réalisée en bois, avec un remplissage en bottes de paille, la finition extérieure est assurée par un enduit traditionnel à la chaux sur paille et se décline, en intérieur, en enduit terre. La paille provient d’un agriculteur voisin, tandis que les enduits sont réalisés avec un sable local de la Loire et une terre locale de Langeais. L’ouvrage garantit par ailleurs une conception bioclimatique aboutie, avec la présence de brise-soleil passifs, d’un auvent en bois au sud et 250 m² de panneaux photovoltaïques en toiture.
L’ensemble de ces dispositifs place ce complexe sportif parmi les équipements publics les plus exemplaires en matière de sobriété énergétique et de recours aux matériaux biosourcés locaux.
Un pavillon en circuit court à Puivert (11)
Architecte : BVA architectes
Maître d’ouvrage : Commune de Puivert (11)
Surface totale : 181 m²
Coût total : 234 288 € HT

Les installations hors d’âge du Lac de Fontclaire, jusqu’alors dispersées sur le site, ont été rassemblées dans cet édifice unique en bois qui répond à un double enjeu : offrir aux usagers un équipement fonctionnel et cohérent, tout en libérant les rives du lac.
Le bâtiment est sobre, long, étroit en interface entre plages ombragées enherbées et bord du lac. La finesse des éléments structurels amène un caractère de légèreté et valorise les transparences. Car les vues, à travers mais aussi par-dessus l’ouvrage, établissent de nouveaux cadrages vers les figures emblématiques du lieu : château cathare, chapelle, clocher de l’église, piémont pyrénéen audois.
L’édifice est isolé et ventilé naturellement, afin de garantir les meilleures conditions de surveillance de la baignade et apporte une ombre forte, en refuge des surveillants mais aussi des baigneurs. Pour ce site exposé en permanence aux embruns lacustres et aux variations climatiques marquées de la moyenne montagne audoise, les matériaux sont pérennes : bois traités selon leur exposition, zinc en couverture, menuiseries métalliques. Enfin, les matériaux sont locaux. L’ensemble du bois du projet est issu de la forêt communale et a été mis à disposition par la commune. Et la distance entre le lieu de coupe, la scierie, l’entreprise de charpente et le chantier s’inscrit dans un rayon de seulement 14 km.
Une réhabilitation à grande échelle grâce au bois à Paris (XVIIIe)
Architecte : Chartier Dalix
Maître d’ouvrage : WO2 (75) et ICAWOOD (75)
Surface totale : 31 400 m² dont extension : 27 400 m²
Coût total : 96 M€ HT

Au premier regard, rien ne surprend devant ce bâtiment du XVIIIe arrondissement. Six niveaux de bureau, des logements étudiants, le tout reposant sur une dalle des années 1970. Sauf que sa grande force repose sur son choix radical : le réhabiliter en conservant l’ensemble de l’infrastructure pour éviter une déconstruction lourde en impacts temporels, économiques et environnementaux.
La structure existante, qui se développe en sous-sol jusqu’au R+2, accueille ainsi une surélévation de six niveaux, sans reprise de dalle. Une contrainte qui a imposé la création d’un plan original puisque chaque poteau de la surélévation repose sur un poteau de l’infrastructure existante sans modification de celle-ci. Résultat : des portées inédites pour un bâtiment bois démontrant la capacité de ce matériau à alléger considérablement les charges apportées sur une structure ancienne. Tout en apportant naturel, chaleur et finesse.
Des logements sociaux performants à Chavagne (35) – « Démé’Terre»
Architecte : Anthracite Architecture
Maître d’ouvrage : Espacil (35)
Surface totale : 1 264 m²
Coût total : 2,72 M€ HT

Cet ensemble de 18 logements s’inspire à la fois d’une longère bretonne et du tulou, une architecture traditionnelle chinoise. Des traditions éloignées géographiquement mais pas dans leur approche, celle d’organiser un habitat collectif autour d’un espace commun protégé, regroupant jardin et espaces partagés.
Le geste architectural est sobre, le principe clair : utiliser le bon matériau au bon endroit. Terre crue, bois, béton sablé, zinc… La complémentarité et hiérarchisation des matériaux permettent d’optimiser la performance technique, d’autant que l’enveloppe, certifiée PassivHaus, est isolée en matériaux biosourcés et issus du réemploi. Résultat : une très faible consommation énergétique et un confort stable été comme hiver pour des logements sociaux dont les charges de chauffage restent ainsi maîtrisées sur le long terme.
Une maison, trois ambiances à Morlaix (29) – « Atom Earth Mother »
Architecte : Atelier du ralliement
Maître d’ouvrage : Particulier
Surface totale : 113 m²
Coût total : 325 000 € HT

Rappelant les granges agricoles bretonnes, cette maison individuelle s’articule autour de trois espaces ou « climats » : un espace intérieur de vie de plain-pied, un jardin d’hiver sur deux niveaux pour des usages variés selon les saisons, et une loggia extérieure. Elle offre un parcours visuel avec différentes perspectives, des arbres proches aux vallées lointaines de Morlaix. Et une qualité de vie optimisée par son approche bioclimatique : compacité du volume, murs en remplissage paille, végétation, terre crue.
L’étanchéité à l’air et les finitions en enduit terre ont été réalisées lors de chantiers participatifs, à partir des terres du site.
Une résidence sociale née d’un ancien parking à Paris (XVIIe)
Architecte : NZI Architectes
Maître d’ouvrage : RIVP (75)
Surface totale : 2 450 m²
Coût total : 9,998 M€ HT

Longtemps, le 29 rue Nollet, dans le XVIIe arrondissement, a été un parking. Aujourd’hui, c’est une résidence sociale de 83 logements. Entre les deux, ni démolition lourde, ni surélévation ni extension. Une partie du bâtiment a été déconstruite pour créer une cour en cœur d’îlot, et la structure a été complétée par une façade en panneaux bois et isolés en laine de bois. La particularité du projet : la préfabrication hors site a permis un chantier sec, propre et silencieux, mais aussi de raccourcir sensiblement les délais de réalisation.
Économe en ressources, peu nuisible, et porteur d’espaces collectifs lumineux, ce projet incarne une transformation urbaine durable et reproductible, démontrant la capacité du bois à réinvestir l’existant et à offrir une alternative crédible à la construction neuve dans les contextes urbains les plus contraints.
Une maison hommage au petit patrimoine à Fontanges (15)
Architecte : Atelier Camino
Maître d’ouvrage : Particulier
Surface totale : 147 m²
Coût total : 100 000 € HT

Les burons sont des habitats d’estive typiques du Cantal qui conjuguent pierre et bois pour répondre aux exigences du climat d’altitude. Ils constituent un patrimoine architectural fragile, aujourd’hui menacé par l’abandon progressif des pratiques agropastorales qui les ont fait naître. Le pari de la réhabilitation intérieure du buron de Peyrelade : allier tradition et nouveaux usages.
La reconstruction de la charpente bois a été réalisée à l’identique, réinterprétée selon les savoir-faire traditionnels. L’ossature secondaire en bois, elle, accueille plancher, cloisonnements et mobilier intégré, conçus comme des éléments autonomes et réversibles, permettant de futures évolutions d’usage sans remettre en cause l’intégrité du bâti ancien.
Une passerelle intégrée à son environnement à Taninges (74) – « Passerelle du Foron »
Architecte : Simon Cloutier
Maître d’ouvrage : Commune de Taninges (74)
Surface totale : 60 m²
Coût total : 339 679 € HT

Depuis (presque) toujours, les habitants de Taninges traversent le Foron via une passerelle pour rejoindre la Mairie, le collège ou la maison des associations. L’ancienne, métallique, était devenue vétuste et dangereuse. La nouvelle, en bois, est discrète par son ossature mais reconnaissable par sa toiture parabolique qui dialogue avec le patrimoine environnant sans le concurrencer. Une forme courbe qui n’est pas qu’un geste esthétique, elle participe à l’évacuation naturelle des eaux pluviales et contribue à la protection de la structure porteuse.
Le choix du bois s’inscrit, lui aussi, pleinement dans le patrimoine local : l’intégralité des grumes provient des forêts communales et de bois scolyté.