
À Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise), pour la ville maître d’ouvrage, Marjan Hessamfar & Joe Vérons ont livré pour la rentrée 2025 le groupe scolaire Victor Hugo pour un total de 26 classes. Surface : 5 625 m² SDP (dont parvis : 5 768 m² SDP). Montant des travaux 21,01 M€ HT (dont parvis 2, 46 M€ HT). Communiqué.
À Garges-lès-Gonesse, le groupe scolaire Victor Hugo, conçu par l’agence Marjan Hessamfar & Joe Vérons architectes urbanistes, redessine le paysage urbain et s’affirme comme un équipement emblématique et structurant du renouveau du quartier prioritaire de la Dame Blanche Nord.


Marqué par une figure urbaine héritée des grands ensembles des années 1950-60, dont la composition a progressivement altéré les continuités et favorisé son enclavement, le quartier Dame Blanche Nord est aujourd’hui engagé dans un ambitieux programme de renouvellement urbain visant à recomposer ses liens avec le reste de la ville, à requalifier ses espaces publics et à s’appuyer sur une trame paysagère structurante, afin d’offrir aux habitants un cadre de vie à la fois résilient et désirable. Le double groupe scolaire Victor Hugo s’inscrit comme l’une des composantes de cette transformation.
Implanté à l’extrémité nord du quartier, l’équipement prend place sur un site à la fois stratégique et singulier, à la lisière entre ville et grand paysage. Surplombant la voie ferrée reliant Paris à Lille, la parcelle est cadrée au Sud par deux tours de logements en R+9, dont la masse et les vis-à-vis imposent un rapport précis à l’implantation et aux orientations. Elle s’ouvre largement vers le nord sur l’horizon dégagé des espaces naturels et agricoles de la vallée du Petit-Rosne, instaurant une relation directe et privilégiée avec le grand paysage. La démolition d’une tour, engagée dans le cadre du projet urbain, vient prolonger ce mouvement en libérant de nouvelles porosités à l’ouest.


D’une capacité de plus de 600 élèves, l’équipement s’organise en deux groupes scolaires, comprenant chacun une école maternelle et une école élémentaire, pour un total de 26 classes (13 par groupe scolaire). Il intègre également un centre de loisirs et des espaces mutualisés favorisant les usages partagés. Conçu comme un levier de transformation urbaine, il engage et rend lisibles les mutations à l’oeuvre, notamment à travers la place prépondérante qu’il accorde au paysage, participant ainsi à la requalification de l’image du quartier. Les aménagements extérieurs, largement végétalisés, favorisent la constitution d’un écosystème résilient et offrent aux habitants des espaces de détente et de respiration, contribuant à l’amélioration du confort et de la qualité de vie.
Au-delà de sa vocation éducative, le groupe scolaire Victor Hugo devient un lieu fédérateur, générant une nouvelle centralité. Favorisant les échanges entre enfants, équipes pédagogiques, familles et habitants, il agit comme un vecteur de cohésion sociale et de dynamisme pour le quartier, tout en inscrivant son identité architecturale et paysagère de manière cohérente et durable dans le schéma global de renouvellement urbain.


Le bâtiment s’implante de manière à affirmer sa présence tout en préservant une intériorité protectrice, offrant aux enfants des espaces sécurisés et apaisés. Il se déploie sur deux niveaux : un socle en rez-de-chaussée ancré dans la topographie prolonge le sol naturel et établit une relation directe avec le paysage, tandis que deux volumes en R+1 émergent à chaque extrémité, signalant chaque groupe scolaire. La volumétrie est claire et lisible, portée par une écriture architecturale sobre et durable où bois, brique claire et verre dialoguent au service du confort des usagers.
Le projet architectural s’articule avec un projet paysager ambitieux et immersif. Le paysage pénètre au coeur de l’équipement et accompagne les usages quotidiens. Les continuités écologiques sont prolongées et renforcées, contribuant à l’émergence d’un îlot de fraîcheur et de biodiversité à l’échelle du quartier. Une lisière végétale au pied du bâtiment compose une mise à distance douce et naturelle, préservant l’intimité des élèves et du personnel, tout en maintenant une relation sensible au paysage. Cette continuité paysagère se prolonge jusqu’en toiture, où la végétation du R+1 côté nord-est se fond avec celle de l’espace public par un jeu de topographie.



Inspirés des cours Oasis, les espaces extérieurs offrent des ambiances variées et une multiplicité d’usages inclusifs, permettant l’appropriation par tous les enfants. La grande proportion de végétation et d’ombrage transforme les cours en espaces tempérés, adaptés aux enjeux climatiques contemporains. Un jardin commun, composé d’un potager, d’un verger et de gradins extérieurs, constitue un formidable outil pédagogique d’expérimentation et d’éveil à la nature et au vivant, prolongeant les lieux d’apprentissage vers l’extérieur.