
À Lyon (Rhône), pour Constructa, Vinci Immobilier maîtrise d’ouvrage, PietriArchitectes a livré en 2025 La Manufacture, un programme de 26 logements, commerces et bureaux réversibles. Surface : 4 142 m² SDP. Coût HT : 6,90 M€. Communiqué.
Implanté à l’angle des rues Danton et des Rancy, au cœur du quartier lyonnais de la Part-Dieu, le projet s’inscrit dans une dynamique urbaine contemporaine tout en revendiquant un héritage industriel fort. Son nom trouve son inspiration dans l’histoire de Lyon, ville emblématique de la production et des anciennes manufactures, où la trame constructive était à la fois rationnelle, lisible et durable. À l’image de ces édifices productifs, le bâtiment développe une volumétrie qui s’effile progressivement jusqu’au R+5 et affirme une identité sobre et cohérente, portée par une trame unique qui unifie l’ensemble des usages et des façades.
La trame unique constitue le principe fondateur du projet. Elle structure à la fois l’ossature du bâtiment, son expression en façade et l’organisation de l’ensemble des programmes. Pensée comme un système générique et répétitif, cette trame permet d’accueillir trois fonctions distinctes — commerces, logements et bureaux — sans rupture d’écriture architecturale. Le bâtiment est ainsi conçu comme un ensemble cohérent et lisible, où la diversité programmatique s’inscrit dans une même logique constructive.

En façade, la répétition d’ouvertures identiques crée un rythme régulier et maîtrisé, où l’expression architecturale traduit la structure sans révéler l’usage intérieur. La trame devient un langage commun, capable de traverser le temps sans perdre sa pertinence, à l’instar des réhabilitations de Soho.
Sur le plan spatial, la trame structurelle génère des plateaux modulables, facilement divisibles ou recomposables selon les besoins. Les commerces en rez-de-chaussée bénéficient de cette logique par des espaces lisibles et flexibles, tandis que les étages supérieurs accueillent des logements et bureaux dans un cadre commun, propice à la mixité fonctionnelle.
Cette trame unique s’exprime également dans la relation au site. Côté cœur d’îlot, la façade intérieure, traitée en voile plein sur percements, instaure un rythme différent : une écriture plus dense et maîtrisée qui met en tension intérieur et extérieur, affirmant une contradiction volontaire entre masse bâtie et espaces ouverts. Le retrait progressif du bâti, intégré au rythme de la trame, permet la création de terrasses, de jardins suspendus et de toitures accessibles, offrant des respirations paysagères et un meilleur apport de lumière naturelle.
La conception des bureaux s’inscrit pleinement dans la logique de la trame unique et en exploite tout le potentiel évolutif. Le système porteur repose exclusivement sur des poteaux régulièrement disposés, libérant les plateaux de tout mur porteur intérieur. Cette structure ouverte permet une grande souplesse d’aménagement et rend possible, à terme, la transformation des bureaux en logements sans modification lourde du bâti. Les dimensions de la trame ont été pensées pour répondre simultanément aux exigences du tertiaire et du résidentiel : profondeur de plateau compatible avec l’éclairement naturel, rythme de façade adapté à la distribution de logements.
Cette anticipation permet d’accompagner les mutations des modes de travail et d’habiter, tout en conservant la cohérence architecturale du bâtiment. En intégrant dès la conception cette réversibilité, le projet propose une réponse durable aux enjeux contemporains de la ville dense. Il limite l’obsolescence programmée des immeubles de bureaux et offre une capacité d’adaptation à long terme, sans altérer ni la structure ni l’image du bâtiment. La trame unique devient ainsi un véritable outil de résilience urbaine, au service d’une architecture capable d’évoluer avec les besoins de la métropole lyonnaise.
