
Pour une collectivité, une piscine publique est un investissement qui engage le territoire pour plusieurs décennies, tant sur le plan financier que dans son fonctionnement quotidien. Ce n’est jamais une opération anodine. À Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), la Communauté d’agglomération de Marne et Gondoire a choisi d’aborder cette responsabilité en faisant du futur exploitant un acteur de la conception.
Le besoin est d’abord démographique. Avec une population qui approchera bientôt les 120 000 habitants, l’agglomération ne peut plus compter sur le seul centre aquatique de Lagny-sur-Marne pour assurer l’apprentissage de la natation et accueillir les associations. Le développement du quartier du Sycomore, opération d’intérêt national appelée à accueillir près de 10 000 habitants, offrait l’occasion d’implanter un second équipement structurant au sud du territoire.
Mais pour les élus comme pour les services, il ne s’agissait pas seulement de construire un nouvel équipement. « Nous ne construirons qu’une seule piscine dans notre vie », résume Guillaume Hubelé, directeur général des services de Marne et Gondoire. « Nous avions une ambition environnementale forte, mais nous voulions surtout éviter les erreurs que l’on découvre parfois une fois le bâtiment ouvert », dit-il.

L’expérience du premier centre aquatique communautaire a nourri cette réflexion. Certaines contraintes d’exploitation – l’organisation de la surveillance, les circulations techniques ou encore les besoins en personnel – ne se révèlent pleinement qu’après la mise en service. Pour la collectivité, ces questions devaient donc être intégrées dès la conception.
Le choix de la concession répond à cette logique. En associant le constructeur et le futur exploitant pendant toute la durée du projet puis de l’exploitation, la collectivité entendait partager le risque avec des acteurs dont c’est le métier. « On ne s’est pas laissé prendre par l’idée que nous allions tout faire nous-mêmes », explique Guillaume Hubelé. « Nous voulions travailler avec des professionnels capables d’anticiper les conséquences de chaque décision ».
Cette exigence a guidé toute la procédure de consultation. Tous les candidats ont été interrogés sur les mêmes sujets et invités à développer des propositions à un niveau d’études déjà très avancé, rendu possible par une indemnisation des équipes. Au-delà de la qualité architecturale, la collectivité recherchait une capacité à résoudre les contraintes du projet sans remettre en cause ses objectifs.

L’exemple du bassin sportif illustre cette approche. Le programme prévoyait huit lignes de nage afin de répondre simultanément aux besoins scolaires, associatifs et à l’accueil de compétitions. Face aux contraintes budgétaires, certains groupements proposaient de réduire le bassin à six couloirs. Le groupement composé de Po&Po, GCC et Opalia a choisi une autre voie : préserver le programme et rechercher des optimisations ailleurs dans le projet.
« Lorsque nous demandions une économie, Opalia ne supprimait pas un équipement ; l’équipe cherchait une solution différente », souligne Guillaume Hubelé. « C’est beaucoup plus facile de construire une relation de confiance avec des partenaires qui réfléchissent avec vous plutôt que contre votre programme ».
Cette logique de dialogue dépasse le seul bâtiment. L’implantation de la piscine résulte d’un travail de coordination entre la Communauté d’agglomération, l’EPA Marne, la Ville de Bussy-Saint-Georges, les gestionnaires des réseaux et les différents syndicats techniques. Le raccordement au réseau de chaleur, déterminant pour atteindre les ambitions environnementales du projet, a même conditionné le calendrier et la position de l’opération.
L’équipement bénéficiera ainsi d’une conception bioclimatique, d’une façade à ossature bois, d’une toiture végétalisée, de 835 m² de panneaux photovoltaïques, de dispositifs de récupération d’énergie ainsi que d’un important traitement paysager. Autant de choix qui inscrivent la piscine dans la stratégie environnementale développée à l’échelle du quartier du Sycomore.

Aujourd’hui, alors que le chantier se poursuit, le maître d’ouvrage porte un regard particulièrement positif sur le déroulement de l’opération. Le respect du calendrier, la qualité de préparation du chantier, la transparence des documents transmis et la fluidité des échanges sont autant d’éléments qui confortent la méthode retenue.
Pour la collectivité, cette réussite tient autant à la complémentarité des acteurs qu’à leurs compétences propres. L’agence Po&Po a su traduire les ambitions du territoire dans une architecture ouverte sur le paysage, tandis que GCC et Opalia ont accompagné le projet avec une recherche constante d’équilibre entre qualité d’usage, maîtrise économique et facilité d’exploitation. Une démonstration, pour Marne et Gondoire, qu’une concession peut être bien davantage qu’un mode contractuel : un véritable outil au service de la qualité architecturale.
« Nous ne nous inventons pas des connaissances que l’on n’a pas ; dans un projet comme celui-ci, nous n’avons pas besoin d’avis. Nous avons besoin de certitudes », conclut Tony Galli, Directeur des services techniques de la Communauté d’Agglomération de Marne et Gondoire.

La première pierre a été posée le vendredi 13 février 2026. Livraison prévue en automne 2027.
* Lire : Anatomie d’un projet en concession
– Anatomie d’une éco-piscine en concession : le projet (chapitre 1)
– Anatomie d’une Eco-Piscine en concession : l’entreprise (chapitre 2)
– Anatomie d’une Eco-Piscine en concession : la maîtrise d’ouvrage (chapitre 3)
Opalia, un agrégateur de talent au service de votre centre aquatique
Opalia est né en 2009 de la volonté de Suez Eau et de Vert Marine de s’associer pour créer une société dédiée aux projets en concession dans les domaines des équipements de sports et de loisirs, plus particulièrement dans celui des piscines et des centres aquatiques.
À partir des besoins définis par la collectivité, la mise en œuvre d’un concept enrichi par l’expérience du partenaire permet de garantir les choix techniques et stratégiques qui vont conditionner le projet architectural et la réussite de l’exploitation. Le financement piloté par Opalia, spécialiste de la concession, permet d’identifier les risques et de sécuriser au mieux le coût global de l’ouvrage.
Le service public est assuré en étroite collaboration avec la collectivité qui en définit le cadre et son évolution. À chaque étape, l‘engagement d’Opalia et son savoir-faire permettent d’optimiser la performance de l’équipement en termes de gestion et d’animation sur toute la durée du contrat.
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