
À Belle-Île-en-Mer (Morbihan), pour le Groupe Accor maître d’ouvrage, l’agence Valode&Pistre, avec Pierre-Antoine Gatier, Architecte en Chef des Monuments Historiques, va rénover la Citadelle de Vauban, classée Monument Historique, avec la création d’un hôtel haut de gamme de 90 clés, d’un musée et d’un parcours public sur les remparts. Surface : 9 200 m². Budget non précisé. Livraison prévue : 2027. Communiqué.
Entre austérité et raffinement, puissance et délicatesse, le projet d’aménagement d’un hôtel de grand luxe, dédié au bien-être et à la relaxation dans l’imposante citadelle de Belle-Île-en-Mer est l’occasion pour Valode & Pistre d’une démarche architecturale spécifique de mise en valeur réciproque, comme une dualité entre restauration historique et création contemporaine.
Cette célèbre citadelle impose sa silhouette massive au-dessus de Port du Palais, affirmant son rôle, dans l’histoire, de protection des côtes bretonnes et de surveillance de l’Atlantique. Depuis le haut de ses remparts, la relation avec la mer est unique, avec sa vue de 180 degrés sur l’océan et les îles de Houat et Hoëdic. Le site n’a cessé d’être fortifié depuis le XIVe siècle jusqu’à sa période la plus marquante où Vauban, commissaire général des armées, décide en 1683 d’en faire « une des meilleures places fortes de royaume ».
Malgré ses 5,5 km de murailles, conçues pour une attaque navale, et sa capacité de 2 000 hommes, la citadelle tomba aux mains des Anglais qui profitèrent des faiblesses de défense côté terre…

Abandonnée, puis vendue par l’État en 1960, elle fut sauvée par des particuliers et leur architecte Philippe Prost. L’importance de son histoire, pour l’île, pour ses habitants et les visiteurs est telle qu’il a été décidé de revaloriser le musée existant pour en faire un véritable lieu pédagogique et historique ouvert au grand public. Retraçant l’histoire de la Citadelle et de l’île, il aura également une vocation pédagogique sur la flore endémique de l‘île.
Les deux programmes cohabiteront de façon indépendante et occuperont chacun les espaces les mieux adaptés à leur fonction. L’intervention architecturale dans chaque espace ainsi dédié a été imaginée dans la dualité militaire/luxe hôtelier, selon des concepts distincts mais coordonnés, donnant l’impression que l’hôtel ou le musée pourraient être démontés pour retrouver la citadelle originelle.

À titre d’exemple, quelques-uns des espaces choisis comme autant de découvertes ; le « Grand Quartier », ancienne caserne et bâtiment principal, dont les voûtes au rez-de-chaussée sont aménagées pour le spa et les puissants arcs de pierre dans les étages constituent un cadre mémorable pour des chambres. Dans les remparts, donnant sur l’océan, la « Bretèche » est reconstruite et transformée en espace de relaxation et méditation face à l’horizon. Le projet vise à révéler la Citadelle dans sa pureté originelle, libérée de tout ajout superflu.
Côté jardin, une longue galerie voûtée accueille un parcours de trois bassins de nage, chacun proposant une température distincte, surmonté d’un miroir horizontal de la même dimension crée une spectaculaire mise en scène. Une piscine extérieure, accessible par un mystérieux passage souterrain est aménagée sur la « Fausse braie de la mer » donnant l’impression de nager au-dessus de l’océan. Le grand espace de « L’Arsenal », donnant sur la « Place d’Armes » accueille un des deux restaurants. La « Maison du Gouverneur » et son emplacement sont un lieu idéal pour des suites haut de gamme, tandis que sa cour sera dédiée à des dîners privés ou des évènements sélectionnés.

Le « Bastion du Gouverneur », point culminant de la Citadelle, est reconstitué avec ses talus de défense et son mail d’arbres destiné, à l’origine à dissimuler la fumée des canons. La « Casemate de la courtine Nord » sera aménagée pour le Musée dont le point d’orgue sera la « Poudrière de l’avancée ». L’espace en coupole de cette poudrière circulaire, gardée intacte, accueillera des animations vidéo projetées pour le public.
Ainsi, le projet de Valode & Pistre propose d’écrire un nouveau chapitre de l’un des sites patrimoniaux les plus emblématiques du patrimoine français. Les armes laisseront la place au bien-être et à la pédagogie, comme l’aurait sûrement souhaité Vauban, plus humaniste que militaire.
