
À Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), pour Quartus maître d’ouvrage, Hérault Arnod Architectures (Isabel Hérault, Yves Arnod) a livré en 2025 Paysage Habité – Résidence Harmonie, un ensemble de 92 logements qui offre caractéristiques et avantages de l’habitat individuel. Surface : 6 200 m² SDP. Coût des travaux : 14 M€ HT. Communiqué.
Sur un terrain qui a d’abord fabriqué des armes, puis des pièces automobiles, avant de rester en friche pendant des années, Hérault Arnod Architectures est partie du constat que 80 % des Français rêvent de vivre dans une maison plutôt que dans un appartement. Le projet vise à rendre l’habitat collectif plus attrayant en s’inspirant des caractéristiques de l’habitat individuel.


Paysage Habité s’inscrit dans la vision d’une ville fondée sur la mobilité douce, la mixité sociale et la qualité de l’habitat. La parcelle du projet occupe une position stratégique, à la charnière entre la ZAC de l’Arsenal et le quartier pavillonnaire situé de l’autre côté de la rue Voltaire. Le traitement des limites entre les nouvelles constructions et le tissu existant est un enjeu majeur, la volumétrie du projet est pensée pour dialoguer avec ses voisins, assurant une transition progressive des hauteurs et limitant au maximum les ombres portées.
Le programme demandait 92 logements, une salle polyvalente commune, un jardin partagé en cœur d’îlot, un parking en sous-sol de 57 places. Le bâtiment prend la forme d’un large anneau enroulé autour du jardin commun. Cet anneau, volontairement peu épais, permet à tous les logements de bénéficier d’un rapport traversant et d’être connectés rapidement au-dehors comme au-dedans, à la rue comme au jardin. La plupart des appartements profitent ainsi de deux vues distinctes plutôt que d’une seule, et tous ont un balcon ou une terrasse.


Chaque entité – logement locatif social, en accession sociale ou en accession libre – dispose de sa propre montée. Les appartements sont regroupés par catégorie, sans chevauchement avec les autres programmes, afin d’en faciliter la gestion. Cependant, ce découpage reste invisible : le projet se lit comme un ensemble unitaire intégrant la mixité sociale, sans différenciation du traitement dans le langage architectural. Depuis la rue, tout le monde passe par le même grand porche ouvert pour rejoindre un jardin construit autour d’un îlot de fraîcheur, un bassin qui recueille l’eau de pluie tombée des toits. Une salle polyvalente destinée aux associations est en continuité avec le porche. Vitrée sur la rue et dotée d’une entrée indépendante, elle constitue une interface entre la vie du quartier et celle de la résidence.
Ce sont les détails qui reflètent le mieux l’ambition du projet. Plutôt qu’une cave en sous-sol – que peu de gens aiment vraiment et que presque personne ne vide jamais complètement – les habitants disposent d’un petit local en bois installé directement sur leur terrasse, qui sert aussi de paravent entre voisins. Plutôt que de laisser les vélos au rez-de-chaussée, l’immeuble les fait monter jusqu’à la porte : des ascenseurs dimensionnés pour permettre à chacun de rejoindre son palier avec sa poussette ou son vélo, ainsi que des plates-formes couvertes et sécurisées, équipées de prises pour recharger les vélos électriques. Empilées à chaque angle du jardin, ces plates-formes disparaissent derrière des plantes grimpantes, transformant une réponse très pratique au vol de vélos en quatre colonnes végétales qui grimpent le long du bâtiment.

Tout en haut, les toitures abritent des terrasses plantées réservées aux habitants des derniers étages. Volontairement sauvages, ces terrasses végétalisées isolent et amortissent les eaux de pluie pour l’ensemble du bâtiment.
Côté construction, le projet a été conçu pour être économique et performant. La résidence est construite en béton préfabriqué de teinte sable, dont la surface est finement cannelée selon un motif en chevrons dessiné spécialement pour ce projet, jusque dans le dessin des pare vues en métal qui protègent les balcons. Plutôt que de masquer un matériau économique, les architectes en ont fait le sujet même du projet : ce sont ces cannelures et ces plis qui donnent aux balcons, en façade sur rue, leur allure sculpturale, et ce sans le moindre recours à des finitions coûteuses.



