
À Colmar (Haut-Rhin), pour Pôle Habitat Colmar Centre Alsace & Néolia maîtres d’ouvrage, Oslo architectes est lauréat pour la conception et réalisation de 60 logements dans le quartier Europe. Surfaces : 2 000 m² SHAB pour PHCCA et 1 980 m² SHAB pour Néolia. Budget non précisé. Livraison prévue : 2028. Communiqué.
Le groupement porté par l’entreprise générale CKD et l’agence OSLO architectes a été désigné lauréat du concours de conception-réalisation de 60 logements situés rues de Vienne et de Belgrade, dans le quartier Europe à Colmar.
Lancée par Pôle Habitat et Néolia, le projet s’inscrit dans une requalification d’ampleur, engagée après la démolition de 240 logements. À la jonction du tissu pavillonnaire et des grands ensembles post-démolition, le Quartier Europe est un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) et reste historiquement lié à l’ANRU. Le projet est à la fois pensé comme une transformation urbaine et résidentielle.
Entre ville et paysage, une architecture de transition
Le parti architectural développe une composition de quatre bâtiments en R+2 organisés autour d’un cœur paysager traversant. Implantés comme autant d’îlots autonomes, les bâtiments ménagent des percées visuelles, des continuités écologiques et une nouvelle porosité urbaine à l’échelle du quartier. Une venelle piétonne traverse ainsi le site d’est en ouest afin de reconnecter les cheminements existants et de consolider les usages du quartier. Le paysage devient ici un véritable outil urbain : microforêt, noues paysagères, jardins de pluie, vergers urbains et espaces partagés structurent l’ensemble et participent à la création d’îlots de fraîcheur.
L’architecture proposée cherche ainsi à réconcilier les échelles. Les volumes empruntent à la fois au vocabulaire domestique – toitures à deux pans, loggias, fragmentation des volumes – et à une écriture contemporaine sobre et contextuelle. Ce travail volumétrique permet d’atténuer la perception des longueurs bâties tout en redessinant une silhouette urbaine plus apaisée et identifiable.
Les quatre bâtiments développent ainsi une écriture cohérente fondée sur un nombre limité de matériaux durables : béton bas carbone, briques maçonnées, charpentes bois, tuiles en terre cuite, enduits minéraux et garde-corps métalliques perforés.
Entre qualité d’usage et lien social, habiter autrement Le deuxième axe fort est de placer la qualité d’habiter au cœur de la conception. Les logements privilégient les orientations multiples, les vues dégagées et les prolongements extérieurs généreux – loggias, balcons ou terrasses couvertes – afin de favoriser lumière naturelle, ventilation traversante et confort d’été.
Les circulations piétonnes paysagées, les potagers partagés, les espaces de rencontre et les équipements collectifs participent à la création d’un cadre de vie favorisant les échanges tout en préservant l’intimité des habitants. Les locaux vélos, conçus comme de petites « maisonnettes » en entrée de site, prolongent cette volonté de s’inscrire dans une échelle appropriable et chaleureuse.
Le programme intègre également une réflexion sur la réversibilité et l’évolution des usages dans le temps, notamment à travers la possibilité de transformer certains espaces associatifs en logements.
Sobriété constructive
Le projet repose enfin sur une stratégie environnementale raisonnée privilégiant l’intelligence bioclimatique. L’implantation nord-sud des bâtiments optimise les apports solaires hivernaux tandis que les protections passives (loggias, débords de toiture, végétation et superposition des balcons) limitent les surchauffes estivales. Le raccordement au réseau de chaleur urbain, l’absence de sous-sol, la compacité des volumes et la rationalisation constructive participent à la maîtrise de l’empreinte carbone.
La désimperméabilisation du site constitue également un axe fort de la démarche. Les noues paysagères, surfaces perméables et plantations en pleine terre favorisent l’infiltration naturelle des eaux pluviales et le retour de la biodiversité au sein du quartier.
« Oslo poursuit une démarche où architecture, paysage et usages participent conjointement à fabriquer une ville plus sobre, plus hospitalière et plus résiliente. Chaque décision de conception – du plan de masse à la section des garde-corps – est guidée par une même conviction : que l’architecture, même contrainte, peut produire de la qualité de vie, du lien et de la beauté ordinaire », déclare Josselin Lutz, architecte fondateur et associé d’Oslo architectes.