
L’impensé de la nature, par Philippe Zourgane ; Dissociation Environnementale, par Djamel Hamadou ; Le Paris des maisons urbaines, par Charlotte Duvette. De la nature de la ville ? La sélection de mai.
L’impensé de la nature – Vers une architecture du vivant, par Philippe Zourgane
Dans ce livre, l’auteur confronte le rôle de l’architecte face à la nature aujourd’hui. L’ouvrage tisse des liens entre les plantes et la terre, le travail, le corps : tout en les ancrant dans un contexte historique (mondialisations, passés de colonialisation…), il étudie les rapports de l’humain avec la nature, entre investissement et exploitation de celle-ci, à l’échelle mondiale.
L’industrialisation croissante de la société, ces 150 dernières années, rend cette logique d’autant plus prégnante, en accélérant le processus de transformation de la nature en produits financiers. L’Impensé de la nature propose de renouveler notre conception des pratiques spatiales en nous appuyant davantage sur l’existant et le vivant, et surtout en prenant leur pleine mesure.
Il est urgent aujourd’hui de déconstruire nos rapports de domination sur la nature, pour en établir de nouveaux, plus sains. C’est cette voie que doit choisir l’architecture, pour entretenir un lien plus sincère et complice avec le vivant, un lien qui considère enfin la complexité de la terre.
À propos de l’auteur :
Philippe Zourgane est architecte praticien codirecteur de l’agence RozO architectes, professeur en théorie et pratiques de la conception architecturale et urbaine à l’ENSAP de Lille. Il est également enseignant en post-master et codirecteur de l’unité de recherche Architecture Milieu Paysage à l’ENSA Paris La Villette.
L’avis de la rédaction : À partir de la graine qui a fondé l’espace de la plantation coloniale, une pensée aussi bienveillante que documentée.
Éditeur : Hermann ; Hors collection ; L’impensé de la nature – Vers une architecture du vivant, par Philippe Zourgane ; 180 pages ; Format : 15,2 x 22,9 cm ; Prix : 25 €
L’Urbanisme d’Anticipation et de Dissociation Environnementale, par Djamel Hamadou
Comment concilier les attentes de mobilité avec l’impératif de sobriété énergétique ? Comment concilier les désirs d’espace et de nature avec un usage économe du sol ? Comment concilier le souhait d’un développement équilibré des territoires avec les logiques spontanées de concentration et de polarisation ?
L’auteur développe une démarche à la fois exigeante et opérationnelle, fondée sur l’intégration des projections climatiques à l’horizon 2050 comme socle du projet urbain, et sur une dissociation assumée entre espaces bâtis et milieux non-humains.
Préserver les sols comme bien commun, s’adapter aux canicules et aux inondations, recourir à une architecture bioclimatique, aux matériaux biosourcés et au réemploi, ou encore instaurer une programmation écologique en amont : sept principes structurent un urbanisme attentif à la santé humaine autant qu’aux équilibres écologiques.
S’appuyant sur des études menées en Seine-Saint-Denis, à Rosny-sous-Bois et Neuilly-sur-Marne, ainsi que sur leur traduction dans un PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal) d’anticipation environnementale, l’auteur démontre que des politiques locales ambitieuses peuvent faire émerger un modèle urbain à la fois résilient et désirable.
À propos de l’auteur :
Architecte urbaniste, diplômé de l’École d’architecture de Nantes et de l’université Paris-Sorbonne, Djamel Hamadou est Directeur de l’Aménagement et de l’Urbanisme de l’EPT Grand Paris-Grand Est. Ancien enseignant en projet urbain et formateur auprès du CNFPT, il est engagé depuis de nombreuses années dans la recherche de solutions urbanistiques face à la crise climatique et environnementale.
L’avis de la rédaction : c’est toujours un pari de faire un saut de 30 ans dans l’avenir. La recherche expérimentale architecturale a toute sa place dans le débat. La Dissociation Environnementale est un concept neuf.
Éditeur : Editions du Pantheon ; L’Urbanisme d’Anticipation et de Dissociation Environnementale, par Djamel Hamadou ; 160 pages ; Format : 15,2 x 22,9 cm ; Prix : 20 €
Le Paris des maisons urbaines – Voir et être vu à la fin du XVIIIe siècle, par Charlotte Duvette
Autour de la Révolution, la ville de Paris connaît une transformation sans pareille. Inscrits dans ce tournant architectural, les Parisiens n’aspirent alors qu’à une chose : voir et être vu. L’esthétisme, les apparences et le jeu social règnent en maîtres, et une forme d’habitat très spécifique, aujourd’hui disparue du centre de Paris, s’installe dans les tendances : la maison urbaine.
À la rencontre de plusieurs disciplines (histoire urbaine, de l’art et de l’architecture, de l’édition et des mentalités), pensé comme une coupe historique sur la ville, cet ouvrage s’applique à comprendre la manière dont les particuliers, à cette époque, percevaient, concevaient et représentaient la capitale.
Autant rêvée que commentée, et reproduite que construite, la maison urbaine est représentative d’une réalité sociale, témoin de la richesse de l’histoire culturelle d’une époque en pleine mutation.
Se profile, dans le sillon de cette architecture hybridée et de ces transformations urbaines, la naissance d’une nouvelle modernité parisienne.
À propos de l’auteure :
Charlotte Duvette, historienne de la ville et de l’architecture, est maîtresse de conférences associée en Histoire et cultures architecturales à l’École nationale supérieure d’architecture de Bretagne (ENSAB).
L’avis de la rédaction : de l’uniformité au pittoresque ! Un ouvrage parfaitement documenté et réjouissant à propos de ces maisons urbaines méconnues.
Éditeur : Hermann ; Hors collection ; Le Paris des maisons urbaines – Voir et être vu à la fin du XVIIIe siècle, par Charlotte Duvette ; 250 pages ; Format : 21 x 27 cm ; Prix : 32 €


