
À Limoux (Aude), pour la Communauté de Communes du Limouxin maître d’ouvrage, Ferrier Marchetti Studio a livré en 2026 le Centre Culturel de La Tuilerie, la reconversion et aménagement d’un site industriel. Surface : 7 700 m² (Salle de Diffusion : 2 700 m², Conservatoire École de Musique : 1 800 m², Siège de la Communauté de Communes : 1 600 m², Médiathèque : 1 600 m² phase 2). Coût des travaux 19 M€ HT. Communiqué.
Le projet porte sur la transformation d’un site industriel dans une petite ville de l’Aude, Limoux, au cœur d’une communauté de communes de 30 000 habitants. C’est une ville-seuil entre urbain et rural, une situation exemplaire du devenir de territoires aujourd’hui délaissés par les grands enjeux économiques.


L’histoire sociale et économique de la ville s’est construite, tout au long du XXe siècle, autour de la viticulture mais aussi de deux usines : la chaussure Myrys – Bata, aujourd’hui disparue, et une tuilerie prospère, déplacée ailleurs sur le territoire à la fin des années 1980. Bien que désaffectée, la tuilerie n’a jamais cessé d’habiter l’imaginaire collectif : c’est un repère familier, porteur d’une mémoire sociale encore vive. Face à son abandon, la communauté de communes a fait le choix d’acquérir l’ensemble pour en engager la reconversion en un pôle culturel. C’est un enjeu majeur pour une ville qui se bat au quotidien pour maintenir commerces, services et attractivité.
Afin de trouver l’adéquation avec les moyens d’une petite communauté, le programme repose sur une mutualisation des investissements qui se traduit par une mixité d’usages. Il regroupe la médiathèque, le conservatoire de musique et le siège de la communauté de communes, jusque-là dispersés dans des bâtiments anciens et peu adaptés. À cet ensemble s’ajoute la création d’une salle de diffusion de 2 000 places.



Le projet renforce l’attrait du conservatoire de musique, déjà en plein essor, et amplifie l’autonomie culturelle locale ainsi que le rayonnement du festival de jazz et de la saison théâtrale.
L’ancrage local et la mise en avant de la vie publique se traduisent par une nouvelle place publique sur laquelle donnent toutes les entrées des bâtiments. Ouvert sur la ville et vers la promenade au bord du fleuve, c’est un lieu qui amplifie la commande architecturale en un projet urbain. Il crée les conditions pour une pause dans le partage des activités, l’attente, la rencontre, le lien social entre générations.


Dans un contexte économique contraint, le projet s’est réalisé sur près de dix ans, dans un travail continu d’optimisation. Le fil directeur a été la sobriété des moyens employés : mutualiser, faire plus avec moins, recruter uniquement des matériaux du catalogue, en résonance avec la stratégie du disponible mise en avant par l’agence. Cela a permis de tenir le budget serré et fait écho à l’esthétique utile des projets industriels. La totalité des matériaux minéraux issus de la démolition a été broyée et réemployée sur site.
À cela s’ajoute un péristyle inédit, fait d’une résille de tuiles suspendues, hommage au savoir-faire de tous ceux qui ont travaillé ici. Il entoure la place et dédouble les bâtiments par un seuil ajouré qui s’anime avec le soleil comme avec l’éclairage. La matérialité et les tons d’ocre des tuiles se superposent aux rainures horizontales des façades, jouant sur le graphisme des ombres et la mise en profondeur de la lumière, réinterprétation d’un des grands thèmes de l’architecture méditerranéenne.

