
À Auckland / Tāmaki Makaurau (Nouvelle-Zélande / Aotearoa), pour City Rail Link Ltd maître d’ouvrage, Link Alliance, dont Grimshaw et WSP architecture, a livré en 2026 trois nouvelles stations du métro : Te Waihorotiu, Karanga-a-Hape et Maungawhau. Surface totale (3 stations) : 18 500 m². Coût global : 2,76 Md€ (5,493 Md NZD). Communiqué.
Plus gros projet de transport public jamais entrepris en Nouvelle-Zélande,City Rail Link (CRL) constitue un investissement majeur pour l’avenir d’Auckland, qui vise à transformer la mobilité de ses habitants, à renforcer le lien social et à assurer la croissance de la ville pour les générations à venir.
Dans le cadre de ce projet, Grimshaw a dirigé la conception de trois nouvelles stations à la pointe de la modernité mais qui font aussi la part belle aux identités, histoires et récits qui ont façonné Tāmaki Makaurau, nom maori de la ville d’Auckland. Au sein d’un partenariat réunissant le Mana Whenua (autorité tribale locale), City Rail Link Ltd, constructeurs, concepteurs et l’ensemble des intervenants, Grimshaw a contribué à la création d’espaces civiques profondément ancrés dans la ville et le quotidien de ses habitants.


Premier tronçon souterrain du réseau de transport urbain d’Auckland, CRL relie désormais l’ancien terminus de Waitematā à la station Maungawhau qui ouvre sur l’ouest d’Auckland. En doublant la capacité du réseau et en créant de nouvelles stations au coeur de la ville, le projet vise à anticiper les besoins de la population, qui devrait atteindre les 2,3 millions d’habitants en 2050, et à faciliter l’accès au centre-ville en améliorant sa desserte.
C’est en 2012 que Grimshaw est sollicité pour la première fois sur ce projet, aux côtés de Jasmax et Mott MacDonald réunis au sein de Link Alliance, un groupement porté par Aurecon, afin de répondre à une consultation technique dans le cadre d’une étude préliminaire. L’agence est ensuite chargée d’élaborer l’avant-projet de référence pour la conception des stations et de leur interface urbaine. À partir de 2019, suite à l’appel d’offre remporté par Link Alliance, Grimshaw est nommé architecte mandataire chargé de concevoir les stations Te Waihorotiu, Karanga-a-Hape et Maungawhau, en collaboration avec WSP Architecture et le reste de l’équipe Link Alliance. Cette continuité a permis d’aboutir à la livraison d’un programme fidèle aux orientations stratégiques formulées au début du projet.


Un contexte culturel pour l’ensemble du réseau
La stratégie architecturale a été définie en partenariat avec le Mana Whenua, dans le respect des règles d’aménagement du territoire de la communauté maorie, les Te Aranga Māori Design Principles. En puisant son inspiration dans le Te Ao Mārama, le récit maori de la création, le projet propose un concept et un langage architectural partagés pour l’ensemble des stations, tout en laissant s’exprimer dans chacune d’elles les récits particuliers associés au quartier dans lequel elle est implantée.
Grimshaw a ainsi travaillé avec des artistes choisis par le Mana Whenua afin de retranscrire ces récits dans l’expérience des voyageurs, l’architecture et les matériaux. Pour la station Te Waihorotiu, c’est le travail de Graham Tipene qui a accompagné la réflexion des architectes, de même que les oeuvres de Reuben Kirkwood pour Karanga-a-Hape et Tessa Harris pour Maungawhau. L’expression culturelle n’est donc pas une couche supplémentaire qui vient se superposer au projet ; elle s’inscrit au coeur même de la conception de chaque station.


Un seul système, trois lieux distincts
La création d’une palette d’éléments comprenant revêtements muraux, plafonds, sols, auvents, puits de lumière, garde-corps, écrans, circulations verticales, signalétique et équipements techniques offre aux voyageurs une expérience homogène dans les différentes typologies de gares, qu’elles soient souterraines excavées, réalisées en tranchée couverte ou en surface.. Des matériaux communs et des composants architecturaux communs ont également contribué à la répétabilité des systèmes, facilité les approvisionnements et la construction. Pourtant, de par sa souplesse, ce système permet aussi à l’architecture et aux oeuvres qu’elle abrite d’entrer en résonance avec le quartier et son identité propre.
L’implication précoce des constructeurs, selon le modèle adopté par Link Alliance, a permis de gagner en constructibilité, en méthodologie, en maîtrise des coûts et en planification dès les premières phases de la conception. Grimshaw et WSP ont assuré ensemble la coordination des différents intervenants pour la conception architecturale et ont travaillé étroitement avec les entreprises et fabricants pour affi ner le système tout en préservant les récits culturels défi nis au lancement du projet.


Un héritage qui dépasse le transport
La contribution du City Rail Link ne se mesure pas uniquement en gain de temps sur les trajets ou en capacité accrue du réseau, mais aussi à la manière dont le projet redessine l’expérience urbaine. Les nouvelles stations viennent enrichir l’espace public, facilitent l’accès au centre-ville et posent les bases d’une régénération sociale, économique et environnementale. Par ailleurs, dans sa politique d’approvisionnement et le choix de ses équipes chantier, l’équipe a privilégié l’emploi et la formation des membres de la communauté maori, des peuples du Pacifique et des rangatahi (jeunes), afin de générer une plus-value sociale qui dépasse l’ouvrage physique.
« C’est un projet d’infrastructure qui changera à jamais le visage de la mobilité à Auckland. Sa valeur à long-terme tient au fait qu’il réunit transport urbain, espace public et identité culturelle. C’est un réseau conçu pour Tāmaki Makaurau et les générations qui en feront usage », explique Mark Middleton, Managing Partner groupe, Grimshaw.
