
La 3e édition du concours Archi Jeunes, organisé par Valode & Pistre, avait pour thème Transformations. Découverte des projets lauréats, dévoilés en octobre 2026.
Six prix ont été attribués par le jury, à savoir deux prix pour chacun des trois sites proposés :
Premier prix : une bourse de 5 000 € à partager entre les membres de l’équipe.
Deuxième prix : une bourse de 3 000 € à partager entre les membres de l’équipe.
Caserne Montlaur – Bonifacio
1er Prix — La Citadelle de la Mer
Lilou Lobry, Laura Saison, Sophie Wauquier


Pour la reconversion de la Caserne Montlaur, le projet La Citadelle de la Mer propose de transformer cet ancien système militaire aujourd’hui fragmenté, en un campus dédié aux métiers marins et à la biologie marine. Le projet réactive les bâtiments existants en leur attribuant de nouveaux usages inspirés de leur histoire. Chaque élément de la citadelle participe à ce nouvel écosystème : la caserne génoise devient un internat, la caserne française accueille l’enseignement et les laboratoires, l’Hôtel du Commandement devient l’administration, les citernes accueillent bibliothèque et restauration, la chapelle Saint-Barthélemy devient un centre documentaire consacré aux expéditions scientifiques. Le puits Saint-Barthélemy constitue quant à lui une nouvelle porte vers les expéditions sous-marines.
Le projet crée également un parc pédagogique qui reconnecte les différents ouvrages par des cheminements paysagers. L’ensemble forme un parcours continu entre patrimoine militaire, paysage méditerranéen et connaissance scientifique, reconnectant la citadelle à la mer.
Caserne Montlaur – Bonifacio
2e Prix — Trà Mezu
Antonio Rodriguez, Alex Sionneau, Ulysse Torres


Trà Mezu propose de réhabiliter les Casernes Montlaur à Bonifacio pour reconnecter la vieille ville à la pointe et transformer ce site aujourd’hui largement occupé par un parking en un lieu vivant, culturel et habité. Le projet crée un nouveau cheminement piéton, un centre culturel regroupant musée et Maison du Grand Site de France, ainsi que 43 logements destinés notamment aux habitants de Bonifacio. Les casernes sont surélevées avec des interventions limitées, en conservant au maximum leur structure et leur identité patrimoniale. Le projet accorde également une place importante à la préservation des sols et de la biodiversité : les citernes deviennent un parking couvert, tandis que le cœur du site est libéré pour créer une place publique végétalisée.
L’idée centrale est de faire évoluer le patrimoine sans le figer : 94,5 % de la matière existante est conservée ou réemployée, afin de révéler les qualités du lieu tout en lui donnant de nouveaux usages.
Tour Atlantique La Défense, Puteaux
1er Prix — No Skincare
Nazca Bize, Isshaaq Pohrun, Victoire Bouillot

Le projet propose de réinventer la Tour Atlantique face aux enjeux contemporains de chaleurs extrêmes, de sobriété énergétique et de transformation des usages. Plutôt que de simplement rénover cette tour de verre emblématique de la modernité, il s’agit de repenser sa manière d’être habitée et son rapport au climat. La stratégie repose sur deux mouvements complémentaires : OUT–IN, qui reconnecte la tour à son territoire en introduisant une mixité d’usages – logements, résidence étudiante, auberge, espaces
universitaires et culturels – et IN–OUT, qui transforme l’enveloppe et les espaces intérieurs en une succession de microclimats adaptés aux usages. Géothermie, ventilation naturelle, tours à vent, capsules climatiques et rideaux thermiques permettent de réduire la dépendance à la climatisation tout en offrant des espaces flexibles et évolutifs.
Le projet défend une nouvelle manière d’habiter la tour de verre : non plus comme une boîte hermétique qui protège du climat, mais comme une architecture capable de composer avec lui et d’évoluer dans le temps.
Tour Atlantique La Défense, Puteaux
2e Prix — Habiter Le Vertical
Adrien Gaillard, Tristan Sengsavanh

L‘objectif du projet Habiter le vertical est de démontrer qu’une tour héritée de la modernité peut devenir une infrastructure urbaine adaptable, où la verticalité favorise la diversité, les rencontres et l’évolution des usages. Pour cette transformation de la Tour Atlantique, aujourd’hui tertiaire et monofonctionnelle, l’existant est considéré comme un atout et non comme une contrainte. Sa structure, son exosquelette et ses dimensions généreuses sont conservés et réinvestis. La tour fait également interface entre La Défense et Puteaux, en reconnectant la dalle métropolitaine à la ville résidentielle grâce à des continuités piétonnes et cyclables et à un socle ouvert aux mobilités et aux usages collectifs.
L’enveloppe est adaptée selon les orientations. La façade devient ainsi un dispositif à la fois climatique, habitable et adapté au contexte. À l’intérieur, les anciens bureaux accueillent une mixité de logements, bureaux, coworking, équipements culturels et espaces communs, avec des espaces capables de changer de fonction selon les moments et les besoins. La toiture devient un nouveau sol public avec jardins et espaces de convivialité.
Usine France Tabac Sarlat-La-Canéda
1er Prix — La Manufacture Du 7e Art
Enzo Giramelli, Thomas Moucheron


La transformation l’ancienne Manufacture de tabac de Sarlat en une véritable Cité du cinéma périgourdine, s’appuie sur les bâtiments existants plutôt que sur la construction de nouveaux équipements. Le site rassemble ainsi les différentes étapes de la production cinématographique : habiter, former, fabriquer et partager. Les deux barres existantes accueillent d’un côté une auberge, des résidences pour les équipes de tournage et un ciné-club, et de l’autre un centre de formation aux métiers de l’image.
La grande halle en sheds devient quant à elle un lieu de fabrication et de réemploi des décors, tout en pouvant se transformer ponctuellement en espace de projection, d’événement ou de tournage. Au cœur du site, la démolition d’un hangar permet de créer une grande place végétalisée et polyvalente, avec un filet en gradins et un écran suspendu qui deviennent un cinéma en plein air. Le café et la grande tablée renforcent son rôle de lieu de rencontre entre professionnels, étudiants et habitants.
Usine France Tabac Sarlat-La-Canéda
2e Prix — La Réusine
Baptiste Dintilhac, Simon Lesquelen, Edouard Michel

La Réusine propose de transformer l’ancienne usine en une plateforme régionale de réemploi, dédiée aux nouvelles pratiques de construction. Le projet cherche à faire du bâtiment existant un atout, en organisant sur place le stockage, la transformation, la vente et la réutilisation des matériaux. Le programme s’organise autour de cinq fonctions complémentaires : centre de réemploi, école inspirée du compagnonnage, magasin de matériaux, logements familiaux et étudiants, ateliers de recherche. Au sud du site, la production et la vente, au nord, l’enseignement, les espaces de travail et l’hébergement.
Une large coursive et des jardins relient les différents programmes. L’intervention commence par une analyse précise de l’existant afin d’identifier ce qui peut être conservé ou transformé. Les éléments retirés – briques, bois, structures métalliques, éléments en béton, menuiseries – sont réemployés sur le site ; transformés en escaliers, colonnes, espaces couverts, logements, salles de classe. Le projet défend une architecture frugale, circulaire et évolutive, où le démantèlement devient lui-même un acte architectural.