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Accueil > Chroniques > Chroniqueurs > Chroniques d'Alain Sarfati > L’œuvre ouverte ou l’architecture en vie

L’œuvre ouverte ou l’architecture en vie

19 mai 2026

L’œuvre ouverte
F.Ll. Wright, Oak Park

Que manque-t-il donc à l’architecture pour qu’un désir d’Architectures puisse se réveiller et que les choses changent ? L’architecture est un art différent, un art vivant qui doit se redéfinir en permanence. C’est le sens de la nouvelle modernité.

L’architecture contemporaine a été polluée par l’art contemporain. Elle est devenue une amplification, une parodie d’une activité artistique désincarnée. Si les architectes sont des artistes, ils ne sont pas des artistes comme les autres. L’art contemporain est parti vers des rives lointaines et incertaines, proches d’un non-sens qu’il nous faut éviter. À force de croire dans la vérité de la construction, l’architecture est devenue squelettique, elle a quitté l’essentiel, c’est-à-dire la vie, la ville, la capacité à créer du lien, à faire paysage.

Trop souvent l’architecture s’est fondue dans le paysage, jusqu’à sa quasi-disparition, elle s’est complètement intégrée : chute Finale !

L’architecture court comme un canard décapité.
Le canard de Robert Venturi a fait des adeptes ! Il n’y a plus « de ligne ». Les hangars décorés ont été abandonnés à ceux qui ont les yeux rivés sur les comptes. De son côté, le design a également perdu la tête. En parallèle, l’ergonomie des automobiles a régressé et le marketing a réduit les différences au sigle accroché sur la calandre.

L’architecture baigne véritablement dans l’idéologie et le politique ne l’a pas épargnée ces cinquante dernières années. Les architectes ne se sont pas départis du monument. Un certain nombre de tentatives ont pourtant été faites, qu’il s’agisse de Lucien Krall ou des partisans de l’architecture participative. Toutes ces actions ont essayé de remettre de la vie dans l’architecture mais elles sont apparues comme dérisoires et loin de ce que l’architecture en tant que projet, pouvait permettre. Autrement dit, une architecture qui ne se renie pas tout en étant capable d’être appréciée par le plus grand nombre.

L’architecture prend pied dans notre culture, elle s’ouvre sur notre avenir.
S’il est vrai que la transmission n’est pas en odeur de sainteté, il faudra être transgressif. La différence est l’ouverture sur la diversité et la complexité du monde, donc rien à voir avec une frugalité de façade, une blancheur neutre immaculée. Contrairement à Dominique Perrault pour qui « l’architecture est un art d’autorité », pour moi l’architecture est une générosité, une expérience, un vécu.

Il y a un malentendu profond dans notre manière contemporaine de penser l’architecture.
Nous croyons qu’elle doit être achevée. Nous la jugeons à l’instant de sa livraison. Photographies, inaugurations, publications : tout concourt à figer le bâtiment dans une image définitive, comme si tout son destin était d’être enfin stabilisé. L’architecture n’a jamais été un art du fini. Elle est, par essence, un art du temps.

Cette idée d’image figée n’a rien à voir avec ce que devrait être « la modernité ». Cette représentation de l’architecture ne voit que les pyramides comme modèle, elle ne va pas jusqu’à l’Erechthéion de l’Acropole.

Les grandes œuvres que nous admirons aujourd’hui n’ont pas été conçues comme des objets clos. Elles sont le produit de transformations successives, d’ajouts, de reprises, parfois de contradictions. Ce que nous percevons comme une unité est en réalité une continuité.

Le Louvre n’est pas un projet, c’est une accumulation. Versailles n’est pas une œuvre, c’est une trajectoire. Les cathédrales ne sont pas des objets, ce sont des durées construites.

Pendant des siècles, l’architecture a été ouverte, non par théorie mais par nécessité. Les bâtiments évoluaient avec les usages, avec les pouvoirs, avec les techniques. Ils étaient repris, augmentés, transformés. L’auteur n’y avait jamais le dernier mot.

Puis quelque chose s’est refermé.
La modernité a introduit une rupture silencieuse mais décisive : l’idée que l’architecture devait être entièrement pensée, maîtrisée, achevée avant même d’exister. Le projet est devenu totalité, le chantier est devenu exécution et le bâtiment, un objet livré. Ce basculement a produit des œuvres d’une grande cohérence, des objets figés, souvent incapables d’absorber le temps autrement que par la dégradation ou la rénovation.

Nous avons donc appris à faire des architectures finies pour des vies qui, elles, ne le sont pas. C’est là que se situe aujourd’hui l’enjeu.

L’œuvre ouverte
F.Ll. Wright, Oak Park

L’œuvre ouverte : une architecture appropriable, prolongeable.
L’ouverture se fait par une position intentionnelle et intelligente, par des fers en attente, par une idée programmatique, donc prévue, par une déconstruction limitée. Les obstacles sont nombreux, il faudra les inventorier. La beauté est à ce prix.

C’est autre chose qu’il faut inventer. Pas une architecture simplement transformée par le temps mais une architecture transformable, donc ouverte.
 Non pas une œuvre que le temps modifie mais une œuvre qui intègre la possibilité de sa modification. La différence est décisive. Une œuvre transformée est le résultat d’une histoire.
 Une œuvre transformable est une promesse d’avenir.

Il ne s’agit pas de retrouver naïvement les conditions du passé. Les cathédrales ne sont pas un modèle reproductible, pas plus que les palais ne le sont. Leur ouverture était lente, contrainte, parfois chaotique. Elle n’était ni pensée ni offerte.

Penser l’architecture comme œuvre ouverte n’est pas accepter l’inachèvement comme un défaut mais au contraire reconnaître que le projet ne s’arrête pas avec l’architecte, qu’il se prolonge dans l’usage, dans l’appropriation, dans les transformations à venir. Cela suppose un déplacement profond de notre manière de concevoir.

D’abord, accepter que tout ne soit pas déterminé.
Ce n’est pas par manque de précision mais par volonté d’ouverture. Certains espaces peuvent rester indéfinis, disponibles, capables d’accueillir des usages imprévus. Certaines structures peuvent être pensées pour permettre des extensions, des subdivisions, des mutations. Ensuite, il convient de considérer le temps comme un matériau de projet.


Aujourd’hui, nous dessinons des plans, des volumes, des façades mais rarement des trajectoires. Nous pensons l’état initial, rarement les états futurs. Une architecture ouverte doit être conçue comme une succession de possibles et non comme une forme unique. On ne peut plus voir l’architecture comme « un objet » intouchable, inappropriable. Il est temps d’accepter que l’utilisateur trouve sa place dans l’ouverture. Elle prendra des formes différentes mais sera constitutive de la conception. C’est sans doute le point le plus radical.

Une architecture fermée protège l’intention de l’architecte tandis qu’une architecture ouverte accepte de la partager.
L’architecture ouverte reconnaît que la vie déborde toujours le projet, que les usages réels ne coïncident jamais entièrement avec les usages prévus, que les habitants transforment, adaptent, détournent. Au lieu de considérer ces transformations comme des altérations, elle les intègre comme une dimension essentielle de l’œuvre.

C’est ici que l’architecture rejoint une ambition plus large : celle d’être populaire, non pas au sens « simplifiée ou appauvrie », mais au sens « d’augmentée, d’augmentable ».

L’architecture que l’on aime est celle que l’on peut habiter dans le temps, une architecture que l’on peut modifier sans la détruire, une architecture qui ne s’impose pas comme une forme définitive mais qui offre un cadre évolutif.

L’architecture contemporaine doit apprendre à être prolongeable.

Les grandes architectures du passé ne sont pas finies, elles ont été continuées.
 L’ouverture n’est pas une faiblesse, c’est une générosité. Loin de diminuer l’architecture, l’ouverture l’étend.
 Elle ne nie pas la forme, elle la rend disponible.
 Elle ne supprime pas l’auteur, elle l’inscrit dans une continuité.

Cela implique un changement de regard, une évolution de la profession et de la maîtrise d’ouvrage, une évolution des PLU. C’est beaucoup mais c’est inéluctable.

Il faut cesser de voir le bâtiment comme une image mais le comprendre comme un processus. Il faut cesser de chercher la perfection immédiate et accepter la transformation progressive, cesser de figer l’œuvre mais l’ouvrir.

Finalement, l’architecture n’est jamais ce que l’on construit, elle est ce que l’on laisse advenir. C’est peut-être, aujourd’hui, la condition pour qu’elle redevienne « désirée » non plus comme un objet que l’on contemple mais comme une œuvre que l’on continue.

L’art total a conduit à une forme de « beauté » mortifère qui peut même déboucher sur un rejet.
Dans l’architecture, l’ouverture doit devenir une préoccupation permanente au regard des inquiétudes qui nous animent. La préservation de nos ressources nous conduit à porter un regard responsable, sans renoncement mais avec une conviction, un changement de cap radical, remettre l’homme et la vie au cœur de la démarche.

L’architecte produit des œuvres qui doivent être ouvertes à la vie. Changement de paradigme, changement de culture, une autre beauté en perspective, celle de la diversité, de la complexité.

Alain Sarfati
Architecte & Urbaniste

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Par Alain Sarfati Rubrique(s) : Chroniques d'Alain Sarfati

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