
À Clohars-Carnoët (Finistère), pour la ville maître d’ouvrage, Collectif FA# (Modal Architecture mandataire/ Quartz Architecture associé) a livré en 2025 Gauguin l’atelier du Pouldu, espace muséal dédié au séjour du peintre au Pouldu. Surface : 2 000 m². Coût : non précisé. Communiqué.
Le bâtiment s’implante en cœur d’îlot, en extension de l’ancienne Auberge de la Plage, devenue maison-musée consacrée à Gauguin et aux artistes qui y séjournèrent. Situé en site protégé, il reprend les codes et les volumes de l’architecture vernaculaire locale tout en les réinterprétant dans une écriture contemporaine. Bordé par une nouvelle voie, un vaste parvis relie l’espace public au bâtiment d’accueil quand une noue paysagère ceinture l’édifice et participe à la gestion des eaux pluviales.
Les volumes supérieurs sont traités en blanc pur, tandis que le socle, en enduit matricé de teinte jaune sable, fait écho à la palette chromatique de Gauguin et évoque les roches et les plages du littoral. Ouvert sur le parvis et mettant en valeur les volumes du bâtiment, un vaste hall accueille les visiteurs. Il fait office à la fois d’espace d’accueil du public et de boutique. Une large galerie vitrée assure la transition vers l’espace d’exposition. Le visiteur y découvre, à travers un parcours immersif, la vie des peintres qui séjournèrent au Pouldu au tournant du XXe siècle.
Les espaces scénographiques retracent les transformations culturelles, artistiques et sociales de la fin du XIXe siècle, dans le contexte du séjour de Gauguin au Pouldu. La boutique et ses aménagements ont été conçus comme de véritables supports de médiation et de communication, destinés à prolonger l’expérience de visite.


Présentation du projet
Visible depuis la rue et le parvis paysager, le volume d’accueil constitue le point d’appel du projet et signale clairement l’entrée du musée. L’ensemble architectural se compose de volumes simples et épurés qui s’imbriquent les uns dans les autres. Cette composition est renforcée par un socle rythmé et ajouré surmonté de grandes toitures à deux pans qui affirment la silhouette du bâtiment dans le paysage côtier.
Le socle, développé sur toute la périphérie de l’édifice, accompagne les plis et ouvertures des façades. Son rythme régulier alterne panneaux vitrés et parties pleines en enduit matricé couleur sable encadrées de bois. Les espaces d’exposition présentent une enveloppe plus fermée, tandis que l’accueil et la boutique s’ouvrent largement sur le parvis grâce à de généreuses surfaces vitrées. Cette transparence favorise les vues vers l’intérieur et renforce l’attractivité de l’équipement. Une vitrophanie inspirée des formes emblématiques des œuvres de l’époque évoque les interventions picturales réalisées autrefois sur les fenêtres de la Buvette de la Plage.


Parcourir
L’accueil-boutique constitue le cœur du musée. Son volume généreux à double hauteur bénéficie d’une lumière naturelle abondante grâce aux vitrages et à la verrière centrale. Les surfaces blanches réfléchissent la lumière et évoquent les toiles vierges des artistes, offrant une transition symbolique avant la découverte des expositions.
L’accès aux espaces scénographiques s’effectue par une galerie vitrée orientée nord-sud. Véritable espace de transition, elle met en relation le musée avec son environnement et ménage des vues vers le paysage du Pouldu. Le visiteur conserve ainsi un lien visuel avec le territoire avant de s’immerger dans le récit muséographique. La galerie dessert également les vestiaires, les sanitaires et la salle d’exposition temporaire, conçue pour accueillir une programmation variée grâce à un volume généreux et à des dispositifs d’accrochage flexibles.


Le parcours permanent prend la forme d’une boucle chronologique organisée en quatre séquences. Il débute avec l’arrivée de Gauguin au Pouldu et la découverte du territoire à travers son regard, de ses rencontres et de l’évolution de sa démarche artistique vers le synthétisme.
Le récit conduit ensuite le visiteur à la Buvette de la Plage, où Marie Henry accueille les artistes. Les espaces restituent l’atmosphère de l’époque grâce à des témoignages, des œuvres et des évocations sensibles du lieu. Après la dispersion de la collection et l’entrée des œuvres dans les musées, le parcours s’intéresse à l’héritage laissé par cette aventure artistique. Enfin, il aborde l’évolution du Pouldu, devenu à la fois lieu de création et destination touristique, tout en offrant une ouverture sur le territoire contemporain.


Construire
Le chantier a permis de restructurer l’ensemble du cœur d’îlot en associant architecture et aménagements paysagers. Le bâtiment se compose d’un socle maçonné sur lequel repose une importante charpente bois. Les jeux de croisements, de pentes et de volumes confèrent à l’édifice une identité forte, soulignée par une couverture en ardoise qui l’inscrit dans le paysage breton.
L’ensemble des volumes bénéficie d’une enveloppe fortement isolée garantissant un haut niveau de performance énergétique. Sous le parvis, des sondes géothermiques assurent le chauffage du bâtiment et participent à la réduction de son empreinte environnementale. Cette approche constructive associe ainsi qualité architecturale, confort d’usage, sobriété énergétique et valorisation culturelle.


