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Accueil > Editos > La galerie de Kengo Kuma à Angers, la croix et la bannière de la culture ?

La galerie de Kengo Kuma à Angers, la croix et la bannière de la culture ?

14 avril 2026

Kengo Kuma
@Kengo Kuma & Associates – Lautreimage

Le 9 avril 2026 à Angers (Maine-et-Loire), a eu lieu l’inauguration en grande pompe de la réalisation de l’architecte japonais Kengo Kuma destinée à la protection de la polychromie de la cathédrale Saint-Maurice. Le coût du projet – 2 M€, une goutte d’eau dans le budget de la Culture – est inversement proportionnel à l’excitation que l’évènement a occasionné. Vraiment, un ouvrage béni, béni-oui-oui même.

Nous savons que partout, depuis quelques années à peine, tous les budgets de la Culture sont en baisse. Chacun se souvient peut-être de l’annonce fracassante en février 2025 de Christelle Morançais, présidente de Région Pays de la Loire, de coupes budgétaires de 82 millions d’euros sur le budget 2025 de la Culture, une décision qui a évidemment provoqué un tollé sans pour autant qu’elle soit remise en question sinon à la marge. La présidente expliquait ne s’être posée qu’une seule question : « Est-ce que cette dépense est une priorité dans le contexte ? » (Le Courrier de l’Ouest, 27/02/2025). La réponse est dans la question.

Elle n’est pas seule sur cette longueur d’onde des arbitrages : culture vs caméras de sécurité ? Un musée vs une police municipale armée ? La raison vs l’inquisition ? Le cœur de nombre d’édiles balance. Pas longtemps. De fait, la saignée est particulièrement notable au niveau des régions et des départements – les plus concernés par les coupes budgétaires – où les budgets consacrés à la culture ont baissé dans près de la moitié des collectivités territoriales de grande taille en 2025, selon le baromètre annuel de l’Observatoire des politiques culturelles (OPC), cité par Banques des territoires (28/10/2025).

D’ailleurs, tout le monde a bien compris que les présidents de région, surtout ceux qui penchent à droite jusqu’à la limite de l’extrême – Laurent Wauquiez, sort de ce placard – réservent désormais leurs subventions à qui les flattent et promeuvent leur non-savoir-vivre. En effet, la discrimination citoyenne, c’est là une vocation tout à fait nouvelle de nos élus qui ne sont plus ceux de tous leurs administrés mais chef de clan. CQFD ! Certes, le clientélisme en ville et à la campagne n’est pas nouveau mais il me semblait que nous avions fait des progrès dans ce domaine. Chassez le naturel… Bref, pour les idéologues, désormais la culture est à la tête du client ! Et le doigt sur la couture !

Ainsi, la ville de Saint-Cloud et le département des Hauts-de-Seine ont-ils annoncé (Le Parisien 10/04/2024) cesser de subventionner le festival annuel Rock en Seine qui se tient dans le parc de Saint-Cloud. Le prétexte est quelques paroles désagréables aux oreilles des élus de la part d’un chanteur peu inspiré. Pour autant, ce n’est pas comme s’il était multi condamné comme CNews. Et puis, c’est un concert de rock, pas une exégèse de Saint Augustin à l’Assemblée régionale. « Il y a certes une liberté de création mais nous avons aussi la liberté de donner notre pognon ou pas », a expliqué avec élégance Florence Portelli, vice-présidente chargée de la Culture à la région. Notre ? N’est-ce pas là le pognon de toute la communauté régionale de l’étape ? Ce retrait de deux subventions – 295 000 € pour la région, 60 000 € pour la ville – ne risque pas de mettre en danger le festival international au budget de 18 M€ et propriété, aux côtés du « géant américain du spectacle AEG », du groupe Combat de Mathieu Pigasse, que l’on ne plaindra pas donc. Ces subventions étaient donc peu ou prou symboliques mais c’est justement le symbole qui compte. Les édiles ne veulent plus voir qu’une seule tête, la leur, et que l’on se taise !

En attendant, avec ces coupures du robinet en haut lieu, ça ne ruisselle plus dans les villages. C’est ainsi que Le Monde (10/04/2026) a annoncé « l’arrêt brutal du projet de musée à Carnac », là ou se trouve les alignements de menhirs les plus célèbres depuis Stonhenge (qui a son musée). Selon l’auteur, que l’on ne contredira pas, cet arrêt est « un signal que la culture ne va plus de soi ».

Chroniques avait présenté en 2024, il y a seulement deux ans, ce projet de Musée de la Préhistoire, imaginé par les agences Projectiles et Ocam.** « Arpenter les sites mégalithiques de Carnac permet de faire ressentir la part de mystère qui les entoure. Se confronter à l’échelle territoriale des premières architectures monumentales du monde est une expérience saisissante », expliquaient les architectes. La culture, au sens propre, remonte loin dans l’histoire de l’homme, la preuve il y a encore des druides en Bretagne !

« Tout était ficelé sur le site breton, de l’architecture du musée à son financement entre l’État et les collectivités locales », précise l’article. Ce n’est pas tant le coût de construction qui a fait peur au maire que le coût de fonctionnement, sans certitude d’être un jour à l’équilibre financier. Dès lors que le robinet peut être coupé à n’importe quel moment en fonction des résultats de l’élection du moment, le risque devient en effet considérable pour une petite commune livrée à elle-même. La preuve que sur un site connu mondialement et qui attire 800 000 visiteurs par an, ce pays se révèle incapable d’exploiter intelligemment le surtourisme. Pourtant, un musée, c’est intelligent normalement.

Foin de l’argent déjà dépensé en études et temps consacré à l’administration des dossiers. Je serai curieux d’ailleurs qu’un chercheur en architecture assidu prenne le temps de calculer les millions – milliards ? – qui s’envolent ainsi dans la fumée des projets annulés sans souci de continuité républicaine après chaque élection. Et puis, comme dirait l’autre, un musée « est-ce que cette dépense est une priorité dans le contexte ? ».

En revanche, dans « le contexte », de constater l’inauguration en grande pompe le 9 avril 2026 à Angers d’un petit ouvrage de protection de la polychromie de la cathédrale Saint-Maurice d’Angers, une réalisation de l’architecte Kengo Kuma. Le budget – 2 M€ pour rappel – n’explique pas à lui seul le retentissement national que l’évènement a suscité. Bonjour la disproportion ! Toute la presse nationale et régionale, dithyrambique évidemment, a fait le déplacement et pour le coup toutes les huiles sanctifiées étaient venues au secours du miracle angevin. Tiens par exemple, Catherine Pégard, la nouvelle ministre de la Culture (Mickey 6*) dont le discours en chaire sainte, si l’on peut dire, a poliment suivi les chants liturgiques et la bénédiction de l’ouvrage par l’évêque. « Cette nouvelle galerie prend place dans la longue évolution de notre cathédrale depuis le XIe siècle », s’est félicité Mgr Delmas, l’évêque d’Angers, (Le Monde 12/04/2026) avant de remercier l’État pour cette opération « qui offre de pouvoir contempler la majesté de ce patrimoine précieux et unique en France ». Il est d’autant plus ravi que ça ne lui a pas coûté un rond. Vrai, cela n’a pas coûté cher non plus à l’État pour se faire mousser à l’échelle nationale.

Mais enfin pourquoi un tel engouement, forcément inspiré par le Tout-puissant, pour un projet à deux balles, fantasme de gothique européen d’un japonais souvent en France mal inspiré ; voir le musée Albert Khan de Boulogne-Billancourt, le FRAC de Marseille ? Quand a-t-on vu la dernière fois une visite de presse architecturale accueillir autant de monde ? Il y avait même les acrobates et les comiques pour que le sabbat soit complet ! Qu’est-ce que c’est que ce carnaval ? Ha mais c’est qu’il s’agit d’une cathédrale et les visiteurs d’être béats d’admiration et pour quelques-uns pleins d’eux-mêmes. Comme on dit en architecture, ce n’est pas la taille qui compte !

C’est en effet « la première fois qu’est organisé un concours international pour une cathédrale », se réjouit Anne Gérard, la directrice de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire. Autrement dit, heureusement que Kengo Kuma a été retenu pour concourir sinon, avec seulement Rudy Ricciotti, Philippe Prost, Bernard Desmoulin et Pierre-Louis faloci – les autres candidats retenus – il n’aurait pas tellement eu bonne mine internationale le concours. Parce qu’en l’occurrence, pour la polychromie de la cathédrale Saint-Maurice, un concours national tout court, ça la foutait mal ?***

Ce n’est même plus une question d’argent – un projet à deux balles disais-je et ça se voit quand c’est fait à l’économie – mais de symbole. Et chacun comprend bien que ce jour-là, tous les béni-oui-oui réunis à l’occasion font benoîtement allégeance aux racines chrétiennes de la France, le ministère de la Culture devenu pieux maître d’ouvrage pour le prix d’un kebab ou de deux sashimis. C’est en tout cas l’assurance pour une ministre de la Culture de ne pas se prendre le soir même une volée de bois vert sur CNews et les réseaux asociaux. La culture, chez ces derniers, est un chemin de croix ! Que diraient-ils si elle ne s’était pas extasiée devant l’œuvre divine ? Elle aurait sans doute été convoquée par Charles Alloncle, le rapporteur de la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, et vouée aux gémonies par ces chrétiens au grand cœur…

Quant à moi, je propose qu’à tous ces gens bien intentionnés on les leur rende leurs cathédrales, leurs églises et leurs basiliques. Aucun doute que les fidèles sauront contribuer à leur entretien pour l’élévation de leur foi délétère pour la culture ! En voilà, dans « le contexte », une source d’économie notable pour le budget de l’État !

Le rapport à l’architecture ? L’architecture EST culture, et en bout de chaîne, bientôt moins de musées donc, moins de bibliothèques – au sein desquelles de plus en plus de livres censurés, ce qui fera de la place – et moins d’architecture critique. Plutôt plus de commissariats, de prisons, de centres de rétention géants en compensation. Et si l’on se fie à Donald Trump, la muse des prétendants bruns au pouvoir en ce pays, en lieu de musées de la préhistoire ou musées de l’avenir, sous la croix et la bannière étoilée, sans doute des arcs de triomphe et des salles de bal à La Roche-sur-Yon, au Puy-en-Velay et à Nice.

Christophe Leray

* Lire notre article Rachida 5 sur le départ, quel Mickey 6 pour le ministère de la Culture ?
** Lire la présentation À Carnac, Musée de Préhistoire selon Projectiles et Ocam
*** Lire notre critique Kuma et la cathédrale d’Angers : une ogive vidée de son sens

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Par Christophe Leray Rubrique(s) : Editos

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