
Le Prix Versailles a dévoilé à Paris le 19 octobre sa liste 2026 des sept plus belles arénas du monde. Représentative de tous les continents, cette sélection se distingue par sa diversité, réunissant maturité architecturale, audace stylistique et intégration locale. Découverte des lauréats dont un projet français.
« Lieux des rassemblements les plus festifs, les arénas mettent en lumière le dynamisme et le renouveau des régions dans lesquelles elles s’insèrent. Associés principalement à la jeunesse, ces bâtiments sportifs se dévoilent comme de véritables interprétations contemporaines du territoire. Ils incarnent l’idée que l’excellence est toujours le fruit de l’expérience, la créativité celui de la vitalité. Ces espaces symbolisent aussi, avec justesse et splendeur, les valeurs de partage et de dépassement de soi », explique Jérôme Gouadain, secrétaire général du Prix Versailles.
Centre Coronation Park, Edmonton, Canada

Construire un vélodrome couvert relève presque du luxe : le Canada en compte désormais un troisième (homologué par l’UCI), nouvel équipement d’exception accessible à tous. Loin de se destiner uniquement aux coureurs cyclistes professionnels, le Centre Coronation Park, imaginé par hcma et Dub Architects, en collaboration avec FaulknerBrowns, est un complexe réunissant sport de haut niveau et loisirs pour tous les âges.
Cette coexistence est rendue possible grâce à une conception à la fois chaleureuse et structurellement novatrice. En surélevant d’un étage le vélodrome, entouré d’un anneau de course à pied, les architectes permettent au public d’observer le fabuleux spectacle des bolides tourbillonnant depuis le rez-de-chaussée, sans passer par un sous-sol.
Sous une toiture de 90 mètres de portée, l’enveloppe se déforme au gré de la géométrie de la piste, offrant une silhouette différente selon l’angle de vue. Relié à la piscine Peter Hemingway, l’ensemble se prête désormais idéalement à la pratique des trois disciplines du triathlon.
Dans ce parc baptisé en 1953 pour le couronnement d’Élisabeth II, le nouvel ouvrage rencontre avec intelligence l’esprit d’élégance et d’ouverture du lieu.

Stade du Centre olympique de Xiangyang, Xiangyang, Chine

Le Stade du Centre olympique de Xiangyang, dans le Hubei, imaginé par l’Institut de conception architecturale du Centre-Sud (CSADI), s’insère dans un écrin de verdure entièrement ouvert à la communauté locale, son architecture singulière retenant l’attention : une enceinte de 30 000 places dont la couverture blanche semble se déployer en un ruban continu autour des tribunes.
Inspirée par les méandres du fleuve Han et l’image du phénix de Chu en plein essor, cette toiture dessine une silhouette fluide, en dialogue avec son environnement. Elle enveloppe les gradins tout en laissant le côté sud ouvert, ce qui allège la composition et favorise la circulation naturelle de l’air. Cette architecture participe ainsi à une approche bioclimatique, pensée pour améliorer le confort des spectateurs tout en limitant le recours aux systèmes énergivores.
Le stade s’intègre à un complexe sportif plus vaste de 138 000 m² au total, comprenant notamment des équipements dédiés à la pratique quotidienne. Il contribue ainsi à une ambition plus large : faire du sport un élément vivant et patrimonial du paysage urbain.

Stade Armand-Cesari, Furiani, France

Rénover Furiani, c’est composer avec de puissantes émotions. Équipement populaire de la Corse depuis 1932, forteresse du SC Bastia lors de son épopée européenne de 1978, endeuillé en 1992, Armand-Cesari est inscrit dans la mémoire collective. En 2025, les Ateliers A+ lui offrent une nouvelle perspective, intégrant pleinement son environnement de mer et montagnes.
Trois anneaux continus donnent une unité architecturale aux tribunes de 16 500 places, construites par étapes. Le premier resserre le chaudron contemporain autour de la pelouse et porte l’éclairage ; le deuxième réunit les couvertures, tandis que le troisième structure et protège l’enceinte. Prolongeant les charpentes en bois existantes, cette enveloppe rassemble les transformations successives de Furiani en une seule architecture forte en symboles.
Désormais achevé et adapté aux exigences contemporaines d’accueil et de retransmission, le nouveau Furiani restitue l’aura et l’âme de l’arène mythique. Plus qu’un simple terrain de jeu, ce monument du football français conserve une dimension sacrée, un cadre unique où chaque travée respire la passion du sport.
Unipol Dome, Milan, Italie

Inaugurée à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver 2026, l’Arena Milano (aujourd’hui l’Unipol Dome) est la plus grande salle couverte d’Italie. Les concepteurs David Chipperfield Architects et Arup ont fait de cette aréna un amphithéâtre romain, réinterprétant ainsi une figure antique, où la technologie accompagne le travail des formes et de la lumière, et l’adapte aux exigences contemporaines.
L’enceinte, qui compte 16 000 places, déploie trois anneaux superposés semblant flotter au-dessus d’un socle monumental. Le jour, la finesse des tubes d’aluminium scintille sous le soleil ; la nuit, les LED intégrées offrent un spectacle autrement lumineux. L’architecture de l’élégant édifice s’insère aussi dans une autre chorégraphie : un vaste escalier mène en effet à une esplanade surélevée de 12 000 m², ouverte aux manifestations comme aux rencontres quotidiennes.
Entre minéralité et jardins, au coeur du nouveau quartier de Santa Giulia, l’aréna se dévoile comme un élément structurant et un catalyseur urbain, s’imposant comme une nouvelle pièce maîtresse de la cité lombarde.

Stade Prince Moulay Abdellah, Rabat, Maroc

Architecture sculpturale, haute technologie et patrimoine : le Stade Prince Moulay Abdellah, nouvelle vitrine du football marocain, se tourne majestueusement vers la Coupe du monde 2030. Reconstruit en seulement 24 mois, d’un projet signé Populous, l’équipement de 67 000 places conjugue rayonnement international et passion populaire.
Émergeant d’une ceinture verte d’eucalyptus, son enveloppe dorée – dont les teintes se retrouvent dans les somptueux aménagements de réception – s’inspire des palmes des grandes avenues de Rabat et des broderies traditionnelles au point de Fès. Composée de quelque 19 000 triangles d’aluminium couleur champagne, tous de dimensions différentes, elle unit façade et toiture dans un même mouvement et, la nuit, se transforme en écran géant animé. À l’intérieur, un kop monumental de près de 20 000 places, dont le gradin supérieur s’avance de huit mètres en porte-à-faux, est conçu pour amplifier l’ardeur des supporters.
Salué lors de la Coupe d’Afrique des nations 2025, le stade affirme ainsi une double ambition : offrir au monde une vision du Maroc contemporain sans rien perdre de la ferveur qui fait l’identité de son football.

Grand Stade de Tanger, Tanger, Maroc

À Tanger, ville de passages et d’horizons, le Stade Ibn-Batouta (aussi appelé Grand Stade de Tanger) incarne une nouvelle figure de la modernité. Inaugurée en 2011, l’enceinte a été profondément transformée en vue de la Coupe d’Afrique des nations et de la Coupe du monde 2030, sous la direction de l’architecte Anouar Amaoui. Avec ses 75 500 places, le stade est à ce jour le plus grand du Maroc.
La suppression de la piste d’athlétisme et l’abaissement de la pelouse d’environ huit mètres rapprochent les supporters du terrain, intensifiant l’expérience du jeu. Mais c’est surtout la nouvelle toiture de 52 000 m² qui redessine l’identité de l’aréna : conçue avec les ingénieurs de Schlaich Bergermann Partner, sa structure associe câbles métalliques et membranes souples dans une composition d’une remarquable ampleur. Protégeant du vent les tribunes et le terrain, elle allie prouesse technique et légèreté visuelle.
À la nuit tombée, l’éclairage révèle les contours de cette architecture « spectacle ». Abritant le plus connu des Ittihad Riadi, il n’en fallait pas moins pour magnifier le paysage de la nouvelle Tingis.

Stade One New Zealand, Te Kaha, Christchurch, Nouvelle-Zélande

La construction du Stade One New Zealand à Te Kaha célèbre l’émergence et le renouveau d’un territoire.
Inauguré en avril 2026, ce grand monument civique incarne la réinvention architecturale et la confiance en l’avenir. Conçu par Populous et Warren and Mahoney avec une toiture fixe en ETFE translucide, cet écrin de 30 000 places puise sa grammaire visuelle directement dans les paysages de Canterbury et la riche culture maorie. La façade de cet antre des Crusaders, qui accueille aussi les All Blacks, évoque les montagnes, les cours d’eau et les couleurs changeantes des saisons.
À l’intérieur, les tribunes arborent fièrement le motif traditionnel du mangōpare – le requin-marteau –, symbole d’identité forte, de puissance et de persévérance. Porté par un partenariat étroit avec les Ngāi Tahu, le projet s’inspire du grand récit ancestral de Tāne séparant le Ciel de la Terre pour faire entrer la lumière dans le monde.
À travers cette alliance unique entre matière et mythe, le bâtiment s’affirme comme un repère culturel majeur, prolongeant l’histoire, la force et les valeurs du peuple de Christchurch.

