
À Dakar (Sénégal), pour Amsa Realty SA maître d’ouvrage, l’agence Hardel Le Bihan Architectes, en collaboration avec l’agence ALUN BE a livré en 2026 la dernière phase de la construction de 16 résidences de logements étudiants. Surfaces et budget non précisé. Communiqué.
Depuis 2015, en réponse à la demande croissante et pour améliorer les conditions de vie sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop, l’État du Sénégal s’appuie sur AMSA Realty SA (société immobilière de l’assureur AMSA) pour réaliser une dizaine de résidences et loger 10 000 étudiant(e)s supplémentaires sur les secteurs UCAD et Claudel. La gestion du projet a dès l’origine été confiée au groupe Redman et à son agence locale, et la conception architecturale à l’agence Hardel Le Bihan Architectes, en collaboration avec l’agence ALUN BE, basée à Dakar, et le paysagiste Niez Studio.
En 2024, les deux premiers immeubles ont accueilli 750 étudiants. Leur architecture est le fruit d’une aventure collective et d’une vision commune pour offrir à la jeunesse un cadre de vie démonstrateur de développement durable « Made in Sénégal ».


Le projet architectural : un démonstrateur bioclimatique
Les immeubles comportent quatre étages. Ils sont composés de deux ailes de part et d’autre d’une percée centrale conçue comme un jardin intérieur. Cette disposition est favorable à la fraîcheur et à la ventilation naturelle. Dans les étages, des salles d’études suspendues sont aménagées entre les ailes, où elles profitent de la fraîcheur émanant des « jardins de pluie ». Les aménagements paysagers sont conçus pour diminuer l’effet d’îlot de chaleur et gérer les eaux pluviales par infiltration directe dans le sol.
Les résidences sont construites en béton armé (ossature poteaux-poutres et dalles pleines) avec un remplissage en briques de terre cuite, pleines ou alvéolées pour la mise en œuvre des moucharabiehs qui permettent la ventilation naturelle des espaces. La brique est aussi utilisée en pavage au sol. Au rez-de-chaussée, les étudiants ont accès à un éventail d’espaces communs : salles de télévision, laveries, conciergerie, commerces.


La SOFAMAC, une briqueterie développée spécialement pour le projet
Les partis pris bioclimatiques du projet proposé par l’équipe de maîtrise d’œuvre et la volonté de privilégier des matériaux de construction locaux ont rencontré un écho favorable auprès de la maîtrise d’ouvrage. En 2016, AMSA Realty rachète la briqueterie SOFAMAC, située à Diass, à une heure de Dakar, pour assurer la construction des bâtiments. « La terre, c’est l’avenir de la construction en Afrique ! », affirme Fatou Quinet Dieng, directrice générale d’AMSA. « Notre volonté était de favoriser les filières locales à travers le développement de la brique de terre cuite sénégalaise. C’est pourquoi nous avons investi dans la briqueterie Sofamac », poursuit la femme d’affaires, à la tête de la désormais plus grande briqueterie d’Afrique de l’Ouest.


Motifs des briques : une écoconception Hardel Le Bihan avec l’architecte sénégalais Alioune Ba
Trois motifs ont été créés pour les murs en moucharabiehs, en collaboration avec l’agence ALUN BE (fondée par l’architecte et artiste dakarois Alioune Ba). Sur les résidences du secteur A, deux des trois motifs créés par les architectes et produits à la SOFAMAC sont visibles : zig-zag et losange, inspirés des facultés des différentes ethnies de la sous-région – la médecine chez les Akans, l’astrologie des Dogons, la littérature des Mandingues… « Avec l’équipe Hardel Le Bihan, nous avons saisi l’architecture comme une opportunité de révéler à grande échelle le savoir-vivre si riche des habitants de la sous-région », explique l’architecte Alioune Ba.


Sur la base des trois formes simples du cercle, du triangle et du carré, les motifs forment une gamme harmonieuse qui peut largement se décliner et se moduler. Ils sont agencés pour incarner l’énergie du lieu et apporter une vibration dansante aux longues façades.
