
Le Prix Versailles a dévoilé à Paris en juin sa liste 2026 des plus beaux emporiums du monde, sept nouvelles adresses, de Tokyo à Los Angeles, qui illuminent et façonnent un peu plus le visage emblématique des places qui les accueillent. Découverte des lauréats.
« Depuis sa création en 2015, le Prix Versailles s’est attaché à explorer et à mettre en lumière les liens existants entre culture et économie, développement durable et innovation. En matière d’architecture, les points de vente ont été les fers de lance de cette étude devenue plaidoyer. Aujourd’hui, force est de constater que le levier culturel n’a jamais été dans le monde aussi puissant, créateur de valeur et contributeur de bien-être. Les réalisations qui constituent la Liste 2026 des Plus beaux emporiums du monde puisent à leur manière, dans le substrat de ce qui fonde l’histoire et la culture de leur Maison, les émotions et les savoir-faire qui, dialoguant avec l’environnement dans lequel elles s’insèrent, font de ces espaces des hauts lieux de création et d’inspiration », souligne Jérôme Gouadain, secrétaire général du Prix Versailles.
House of Dior, Pékin, Chine
Après Séoul et Genève, l’architecte Christian de Portzamparc signe pour Dior un nouveau bâtiment-sculpture d’exception dans le prestigieux quartier de Sanlitun. Avec puissance et finesse, l’édifice propose une rencontre entre l’énergie foisonnante de Pékin et la quintessence de la créativité parisienne.
Inspirée par le mouvement de la toile que le grand couturier découpait pour ses robes, la façade est habillée de coques en forme de pétales qui, telles des cariatides, soutiennent la toiture. Dans un geste inédit, des tuiles de verre artisanales dorées viennent ponctuer l’ensemble, rappelant subtilement les liens culturels et historiques unissant la Maison à la Chine.
Un escalier en colimaçon monumental dessert les cinq niveaux où, dans une lumière douce, se déploient les différents univers, de la maroquinerie à la joaillerie, en passant par les parfums et le prêt-à-porter. Fidèle à la complicité de Christian Dior avec les artistes de son temps, le décor réunit des oeuvres signées Wang Xiyao, Hong Hao, Franck Evennou ou encore Gio Ponti. Un hommage renouvelé à l’âme architecte du couturier, dans une alliance de virtuosité et de poésie.

RH Champs-Élysées, Paris, France

Derrière le portail historique du 23, avenue des Champs-Élysées, se découvrent la galerie et le studio de la célèbre marque de décoration californienne. Il ne fallait pas moins qu’un dialogue américano-britannique – avec l’agence Foster + Partners – pour recréer un Paris fantasmagorique.
Passé l’entrée et ses portes à médaillons, une cariatide en bronze accueille le visiteur dans un vaste atrium dont les escaliers somptueux, et l’invraisemblable ascenseur escamotable, mènent à une galerie d’art, à un restaurant sous verrière, ainsi qu’à un toit-terrasse avec vue sur la tour Eiffel, le Grand Palais et le musée du Louvre.
Une résonance pour cet espace culturel, qui abrite également une bibliothèque exposant des ouvrages de grande préciosité, parmi lesquels figure une édition du De architectura de Vitruve, imprimée vers 1521. Le studio d’architecture intérieure est installé dans une structure indépendante en verre et en acier, dotée d’une entrée sculpturale.
Le Jardin RH, situé sur la terrasse du deuxième étage, est une ode à la pierre, symbolisé par son bar, lui-même revêtu d’onyx blanc rare. Dans un cadre hybride et enchanteur, RH compose un univers à la fois théâtral et raffiné pour découvrir des pièces de design et savourer une expérience.

Saint Laurent Montaigne, Paris, France

Avenue Montaigne, l’esprit de collectionneur de Monsieur Saint Laurent insuffle une contemporanéité durable, qui sublime l’exception de cette adresse parisienne. Dans ce projet novateur, imaginé sous la direction artistique d’Anthony Vaccarello, l’empreinte du lieu rejoint celle d’un parfum.
S’étendant sur trois niveaux, l’emporium se déploie en une succession de pièces aux atmosphères variées. Ouverts, intimes ou évoquant une galerie, les volumes sont conçus pour offrir un parcours fluide tout en conservant la cohérence architecturale. Les éléments d’origine ont été préservés et réinterprétés. Associés à des interventions raffinées et à des matériaux bruts, ils composent un équilibre entre authenticité et sophistication.
Le mobilier et les pièces de design – parmi lesquelles une paire de fauteuils Süe et Mare, une méridienne de Paul Poiret pour Atelier Martine – servent de composants essentiels. Des oeuvres de la collection Pinault, dont une inédite de Mark Bradford, se font également l’écho de l’engagement de la Maison en faveur de la création.
Au numéro 37, se révèle un lieu d’art, de patrimoine et de culture ; un chic reconnaissable, singulier et envoûtant, qui n’aura de cesse de surprendre.

Tiffany & Co. Ginza, Tokyo, Japon

Avec ses 66 mètres de hauteur et son bleu éclatant, Tiffany & Co. s’inscrit au palmarès des tours les plus remarquables du quartier chic de Ginza. Façade en verre ondulée signée Jun Aoki, vitrines immersives créées en collaboration avec Kimiko Fujimura : l’emporium annonce la couleur, ou plutôt l’atmosphère, fusion extraordinaire entre l’héritage de la Maison – une histoire commencée il y a près de 200 ans – et la culture japonaise.
Le design intérieur, conçu par Peter Marino Architects avec les équipes de Tiffany, est le dernier-né à ce jour, s’inspirant grandement de The Landmark, l’emblématique siège sur la Cinquième Avenue de New York. Une verrière, que l’on doit à Hugh Dutton, scintille et dévoile de subtils reflets au passage des visiteurs, exprimant la riche complexité spectrale de la lumière que l’on apprécie en joaillerie. Dans l’escalier, des écrans numériques dépeignent la végétation luxuriante du jardin Ninomaru, célébrant les paysages de Tokyo et offrant une véritable fenêtre sur la nature.
Des collections phares aux créations exceptionnelles, les espaces se déploient, servis par les nombreuses oeuvres d’art exposées et par l’indéniable modernité de l’empreinte Tiffany.

Cartier, Miami, États-Unis
Au coeur du Design District, Cartier dévoile les créations emblématiques de la Maison dans un écrin éblouissant, dont l’extérieur est signé Elizabeth Diller (Diller Scofidio + Renfro). Agrandie et réinventée, la boutique se distingue par sa façade enveloppante et bulbeuse. Délicatement gravé sur la surface en verre, un motif inspiré d’une broche de 1909 confère au bâtiment une présence à la fois lumineuse et mystérieuse, laissant entrevoir l’intérieur tout en préservant son intimité.
Réparti sur deux niveaux largement ouverts, l’espace a été imaginé par la décoratrice Laura Gonzalez comme une immersion dans les paysages naturels de Miami. Les tonalités douces de rose et de bleu, les formes organiques, les murs ondulés et les détails végétaux composent un univers raffiné où nature et savoir-faire dialoguent harmonieusement.
Un élégant escalier, en marbre vert camélia, laisse découvrir une fresque tonique et colorée évoquant coraux, palmiers et skyline locale. Pensé comme un voyage sensoriel, l’emporium transporte les visiteurs, des salons particuliers à la terrasse végétalisée, dans une fantaisie tropicale aux multiples ambiances.

House of Dior, Beverly Hills, États-Unis

Depuis 1990, Dior entretient sur Rodeo Drive des liens privilégiés avec Beverly Hills. En témoigne la nouvelle House of Dior, imaginée tel un « royaume des rêves » par Peter Marino Architects, avec le paysagiste Peter Wirtz. Le thème végétal, cher à Christian Dior, structure l’ensemble du projet.
La façade ondulante en pierre calcaire et stuc, qui évoque la couture et le drapé, mène vers un jardin central bordant un escalier sculptural. Architecturalement, le jardin apporte lumière et profondeur visuelle, crée une transition douce entre ville et intérieur, et transforme l’expérience commerciale en promenade presque muséale. Les collections sont d’ailleurs mises en scène parmi des oeuvres d’art remarquables, et célèbrent ainsi l’héritage intemporel de Dior. Au dernier étage, dans un esprit penthouse, se dévoilent deux salons exclusifs ainsi qu’une terrasse privée verdoyante offrant une vue panoramique.
En mariant les codes de la Maison à une architecture lumineuse, ouverte et paysagère, l’emporium célèbre l’élégance parisienne dans un décor digne du glamour hollywoodien.

Issey Miyake, New York, États-Unis
Au rez-de-chaussée de l’iconique New York Life Building conçu par Cass Gilbert (1928), la nouvelle adresse d’Issey Miyake synthétise le minimalisme japonais et l’extravagance américaine. Basée à New York, l’agence Solid Objectives Idenburg Liu a su instaurer un dialogue subtil entre innovation, savoir-faire artisanal et patrimoine architectural.
Des éléments de la structure historique ont été intentionnellement laissés apparents et complétés par de nouvelles surfaces en aluminium et en acier, créant un équilibre entre brut industriel et raffinement. De grandes baies vitrées, sur trois côtés, inondent l’espace de lumière naturelle et le plongent dans le paysage environnant. Au centre, un escalier monumental et transparent, en verre structurel, souligne la clarté et la précision qui se dégagent de l’ensemble.
À l’arrière, la galerie MADO – qui signifie « fenêtre » en japonais – accueille des expositions temporaires en écho avec la culture de la Maison et son engagement en faveur de la circularité des matériaux. Issey Miyake honore ainsi le lien qui s’établit entre les créateurs, au sein d’un lieu à la fois profond, ouvert et fascinant.





