
Au Louvre, l’accord avec les organisations syndicales n’est pas un blanc-seing au projet « Louvre Grande Colonnade ». Au contraire, il n’est même plus une priorité !
Après onze mois de mobilisation intense engagée dès le dépôt du préavis de grève le 8 décembre 2025, les organisations syndicales CFDT-CULTURE, SNMD CGT-Culture et SUD Culture Solidaires ont signé le jeudi 29 octobre 2026 un accord de sortie de grève avec le président-directeur du musée du Louvre et en présence de la Directrice générale des patrimoines et de l’architecture (DGPA).
Cet accord répond, selon le communiqué des syndicats, aux besoins les plus urgents du personnel tout en améliorant l’accueil du public.
Ce que cet accord change concrètement :
– plus de personnels sur le terrain : renfort des équipes d’accueil et de surveillance, jusqu’à 100 agents en 2027 et garantie de nouvelles entrées en 2028 et 2029. Les agents contractuels bénéficieront également d’un accompagnement pour pérenniser leur emploi au musée ;
– une meilleure visite grâce à la régulation de l’affluence : la direction réduira désormais le nombre maximal de visiteurs par jour en cas de surfréquentation ou de travaux. Les mesures incluent la réservation obligatoire aux périodes chargées et la priorité garantie aux sorties scolaires ;
– des locaux plus sûrs et mieux entretenus : priorité est donnée aux travaux de réparation et de rénovation et aux équipements de sécurité et de sûreté du bâtiment ;
– une juste reconnaissance du travail : une revalorisation de la prime annuelle (IFSE) est accordée aux agents d’accueil et de surveillance (+350 € en 2026, puis +200 € pour l’année 2027), et engagement à travailler à un rattrapage salarial pour l’ensemble des métiers du musée.
Cette embellie, toute relative, est à mettre au crédit de Christophe Leribault, nouveau patron du Louvre, mais ne modifie pas la position de l’intersyndicale qui avait, au soir de la première journée de grève – le 19 décembre 2025 – demandé l’arrêt du projet « Louvre Grande Colonnade », la priorité donnée aux travaux de sûreté et de sécurité du musée, et un changement de gouvernance ainsi que la reconnaissance de l’expertise des personnels dans les décisions. C’est précisément le changement de gouvernance et de méthodes qui a permis cet accord.
Mais cela ne signifie pas que les syndicats approuvent aujourd’hui le projet Grande Colonnade.
L’AFP précise d’ailleurs, le 29 novembre, que les organisations syndicales continuent de considérer le grand projet comme non prioritaire et redoutent une augmentation excessive de la fréquentation.
Jean-Claude Ribaut
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